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Si bien qu’aujour­d’hui, on se demande pourquoi un remaniement ministériel, étant donné que nombreux sont ceux qui pensaient qu’il n’était plus opportun. Alors, quelle en sera la portée?

Des acteurs politiques pressentis ministres ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à tous les niveaux: dans les médias, dans les grins, les états majors de certains partis politiques, on ne parle que de l’imminence de remaniement ministériel. On comprend que certains, en particulier des acteurs politiques, veuillent bien qu’il y ait remaniement ministériel car, dans les coulisses, certains font état du fait qu’ils sont pressentis ministres. Ils ont déjà longtemps attendu ce moment qui leur permet d’avoir le coeur net quant aux perspectives.

Contrairement à ceux-ci, ceux qui sont déjà positionnés dans le gouvernement feraient tout pour s’y pérenniser, dans l’espoir de poursuivre les actes qu’ils ont posés afin d’avoir des résultats à hauteur de souhait à l’heure du bilan. Toute chose qui ne ferait qu’honorer leurs structures d’origine.

Un remaniement dans l’intérêt supérieur de la Nation

Tout compte fait, le remaniement ministériel est à la seule discrétion du président de la République. C’est lui qui sait quand, comment et pourquoi il faut apporter ce changement, en tenant compte de l’intérêt supérieur de la nation. Au-delà de cela, certains estiment que le remaniement ministériel a un enjeu hautement politique, tant pour le président de la République que pour les acteurs politiques, chaque partie se battant pour la sauvegarde de ses intérêts, l’atteinte de ses objectifs.

Au stade actuel, on veut bien que les intérêts de tous convergent vers la prise en compte effective des préoccupations des populations, toutes sensibilités confondues.

En effet, c’est à cette seule condition que le processus démocratique se consolidera et que la politique sera au service exclusif du développement socio-économique et donc de l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations.

S’adapter à l’évolution

Dans tous les cas, depuis l’élection d’ATT à la magistrature suprême, il s’est fixé plusieurs objectifs dont la réconciliation de l’ensemble de la classe politique. Il a effectivement tenu cette promesse, à l’instar de la plupart de ses promesses électorales. C’est d’ailleurs ce qui justifie le fait que le plus grand nombre de partis continue de soutenir ses actions, voire sa candidature à l’élection présidentielle de 2007.

Justement par rapport à cet enjeu majeur pour l’ensemble de la classe politique mais aussi pour les populations de divers horizons, il semble qu’il est nécessaire de revoir la configuration de l’équipe gouvernementale d’Ousmane Issoufi Maïga, afin de l’adapter aux réalités du moment, à l’évolution de la situation politique.

En effet, quoi qu’on dise, au sein de la classe politique, les données sont en train de changer de façon significative et cela est davantage perceptible au fur et à mesure que l’on se rapproche des élections générales de 2007.

Vers une purge de l’équipe gouvernementale ?

Une demande et une atten­te de l’opinion publique nationale est que le président de la République se décide enfin d’extirper des rangs du gouvernement les représentants de tous les partis qui commencent à adopter une autre attitude, un autre comportement vis-à-vis du pouvoir en place, contraire à l’esprit de consensus et de solidarité gouverne­mentale. Car, dit-on, on ne saurait être juge et partie. Ailleurs, on estime que celui qui n’est pas avec nous est contre nous. Il ne s’agit pas, en fait, de procéder à la chasse aux sorcières, mais de juger chacun en fonction de son apport, de son utilité pour la démocratie et la nation.

Partant de ces considérations, il y a nécessité de mettre en place une équipe gouvernementale qui reflète les sensibilités actuelles et répond aux aspirations du pouvoir en place. En effet, il y a lieu de mettre un terme à la participation à l’action gouvernementale de ceux qui vilipendent ou tentent de dénigrer le pouvoir dont ils participent à la gestion. Car, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. C’est ainsi que pour beaucoup d’observateurs de la scène politique nationale, il y aura une purge de l’équipe en place dirigée par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga.

Si on ne dit pas exactement qui seront les sortants, il y a, en tout cas, beaucoup de probabilités que les partis membres de la plate-forme ADP de soutien à ATT soient mieux positionnés dans l’équipe gouvernementale en gestation.

Moussa SOW

09 janv 07