Partager

La démocratie malienne est considérée comme un exemple travers le monde entier. Cela n’est pas un fait du hasard, puisque le peuple malien a donné la preuve de sa bravoure et de sa détermination à se battre afin de créer les meilleures conditions de vie et de travail pour l’ensemble de la population.

Par rapport à cette lutte, à quelques exceptions près, ce sont toutes les composantes de la société qui sont entrées en synergie positive pour l’atteinte des objectifs majeurs dont l’ouverture démocratique, la création des conditions de manifestation et de jouïssance des libertés individuelles et collectives.

La lutte pour l’ouverture démocratique est ainsi couronnée par ces succès qui sont des acquis pour la pérennisation desquels tous sont prêts à engager une lutte sans merci dans l’intérêt de l’ensemble du peuple malien.


Des handicapes à la consolidation des acquis

Mais, dans le processus démocratique, il y a toujours des situations qui représentent des handicapes en terme de consolidation des acquis et qui sont le fait des acteurs politiques eux mêmes dans leur quête interminable de profits au bout de tout acte politique qu’ils posent. N’est-ce pas à ce niveau qu’on estime nécessaire l’existence d’une opposition en démocratie?

En tout cas, ce ne sont pas les Maliens qui ignorent l’opposition politique avec tout ce que cela comporte comme contraintes. Des acteurs politiques, ont donné le bon exemple d’animation de l’opposition au Mali. Quelles ne furent les souffrances qu’ils ont endurées, les frustrations qu’ils ont subies!

Pourtant, si en ce moment la majorité écrasante de la population les a applaudis pour leurs prouesses, courage et abnégation, force est de constater que personne d’autres depuis, n’a voulu, de son propre chef se consacrer à l’animation de l’opposition politique. Tous en ont été contraints par des circonstances indépendantes de leur volonté.

Les lacunes et insuffisances

Aujourd’hui, plus que jamais, le progrès socio-économique est nécessaire et réclamé par tous, surtout en cette période de conjoncture économique internationale. Mais, difficilement les acteurs politiques parviennent à raccorder les violons depuis quelques années. Souvent, les attaques, critiques et acharnements ne sont pas de nature à donner une image positive à notre pays.

Mais, il nous a été donné malheureusement de constater que des acteurs politiques, au nom de leurs intérêts sordides, se foutent pas mal de l’intérêt collectif. Or, en démocratie, il ne fait pas de doute que les intérêts de groupuscules sont insignifiants par rapport à ceux collectifs.

Partant de là, le processus démocratique malien est en proie depuis quelques années à des difficultés qui, si elles font le bonheur de certains acteurs politiques, parce que curieusement ils espèrent y tirer le plus grand profit, entravent la bonne marche du processus démocratique malien.

Des mentalités

Par ailleurs, il ne faut pas se faire des illusions, les mentalités d’une frange importante de la population sont rétrogrades. On constate un éloignement progressif des uns et des autres des valeurs cardinales, ancestrales. Consécutivement à cela, l’esprit patriotique est en train de s’effriter.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est nécessaire de revoir cet aspect qui est en train de compromettre les efforts de développement des autorités successives du pays. Le plus grave, c’est la tendance à la banalisation de toute chose. Nous avons donc besoin de plus d’organisation et de rigueur, de transparence et de probité morale pour conserver, voire fortifier les acquis et les vertus de notre société, de notre démocratie.

Est-il possible de reconsidérer l’éducation civique et morale qui était de rigueur au niveau des écoles fondamentale et secondaire? Il importe de tenir compte de cet aspect dans le cadre du forum sur l’école.

Moussa SOW

05 Septembre 2008