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Face à ces situations qui tracent les contours des enjeux des élections présidentielles, le climat politique connaît un réchauffement invitant chaque parti ou groupe à se manifester, en rendant publique les ambitions. Aujourd’hui, l’Adéma fait beaucoup parler de lui, en raison de ses dissensions internes, surtout en cette veille d’élections présidentielles. Va-t-il poursuivre sa mue?

Au stade actuel du processus démocratique, il semble qu’il y ait nécessité pour les acteurs politiques, en premier lieu, de travailler à poser les jalons qui leur permettraient sans doute d’atteindre les objectifs qu’ils visent.

FAIRE LE DISTINGO ENTRE LES INTERETS INDIVIDUELS ET CEUX DE LA NATION

L’heure est aux calculs, mais aussi à la différenciation entre les intérêts individuels et ceux de la nation, de l’ensemble de la population. Partant de ce postulat, qui est en situation de mieux servir les intérêts de l’ensemble de la population? Difficilement on pourrait le dire en se référant uniquement sur les déclarations d’intentions des acteurs politiques d’horizons divers.

En effet, ayant vocation à conquérir le pouvoir, qu’est-ce que ceux-ci ne diront pas, ne feront pas, pour arriver à leurs fins? Cela pose du coup la problématique de la moralité et de la sincérité en politique. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’apparemment, tous se battent pour le même Mali , le bien-être des populations. Mais, il n’a jamais été question d’aumônes ou de compassion, mais bien de convergences d’intérêts, de vue et d’approches, de solidarité qui est une valeur importante de notre culture. Tout cela n’aura de sens que dans un contexte de paix sociale, voire de stabilité politique, gage du progrès et de la synergie des efforts constructifs d’un Mali qui a aujourd’hui plus que jamais besoin d’avancer, de gagner, en relevant les défis du sous développement, de la bonne répartition des fruits de la croissance économique pour la prise en compte effective des préoccupations des populations. Qui serait contre cette démarche?

De l’Adéma à ATT, on estime que c’est la poursuite d’une gestion des affaires publiques qui a permis au Mali d’avancer dans plusieurs domaines. Mais, on ne peut dire que ces deux gestions sont similaires.

FAUT-IL CONFRONTER LES DEUX BILANS?

Nous sommes à une étape des débats où les acteurs politiques, qui comptent sans doute parmi les plus en vue, pour être connus comme des acteurs du mouvement démocratique et ayant beaucoup d’ambitions en cette veille d’élections présidentielles sont en train de rivaliser pour tenter de convaincre l’opinion publique nationale qu’ils sont plus patriotiques et ont plus d’ambitions pour le Mali. Cela est de bonne guerre, quant on sait que, acteurs politiques ou pas, chaque citoyen a le devoir d’avoir un sentiment patriotique. En ce moment, nous avons plus besoin d’actes concrets que de déclarations d’intentions. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au sein de la classe politique, on se connaît.

En effet, si peu de gens ont eu jusqu’ici l’opportunité d’occuper des postes de responsabilité dans l’administration publique, ceux qui ont assumé des hautes fonctions de l’Etat ont-ils donné la preuve qu’ils sont plus patriotes? Dans ce sens, le plus important est de s’appuyer sur les éléments de référence disponibles, de les analyser et de faire la part des choses. L’opinion publique nationale dispose, de connaissances empiriques à partir de la gestion des affaires publiques par l’Adéma dont les leaders du jour ont promis de faire le bilan. Le président Alpha, avant de passer le témoin à ATT, avait précisé que d’autres feront le bilan. Dans cette gestion, ont participé beaucoup d’acteurs politiques en bonne posture aujourd’hui.

Rappelons que l’ancien parti majoritaire, l’Adéma PASJ, consécutivement aux différentes scissions, a donné naissance au RPM, à l’URD et au Miria, les deux premiers comptant parmi les partis le mieux implantés sur l’ensemble du territoire national. Le groupe de partis constitué de l’Adéma, du RPM, du Miria et de l’URD est divisé par rapport aux élections présidentielles de 2007.

LA POURSUITE DE LA MUE A L’ADEMA

Au stade actuel, on peut dire que l’Adéma et l’URD se retrouvent du côté du pouvoir, en compagnie du Miria. Quant au RPM, il a fait volte-face, puisqu’il a soutenu la candidature d’ATT au deuxième tour des élections présidentielles de 2002 et participe encore à l’action gouvernementale. On ne peut affirmer qu’il y a la main du RPM derrière les problèmes qui sécouent aujourd’hui l’Adéma. Qu’il y ait encore des problèmes à l’Adéma est la preuve que ce parti poursuit une dynamique qui ne fait que contribuer à réduire sa marge de manoeuvre au fur et à mesure que l’on se rapproche des élections générales de 2007. On peut donc dire qu’il y a une menace réelle qui plane au-dessus du parti de l’Abeille solitaire. Cette menace a eu des échos très récemment avec les conférences de l’Adéma dans les sections.

Si bien qu’on ne sait pas d’ici les élections ce qui arrivera, surtout quand on sait que certaines sections du parti, ont manifesté leur désaccord total avec le CE du parti par rapport à sa décision de ne pas présenter un candidat issu du parti. Au regard des échos qui nous sont parvenus des rencontres au niveau des sections de Bamako et de Kati de l’Adéma, peut-on affirmer que la tâche sera facile pour le CE? En tout cas, on se rend compte que le parti de l’Abeille solitaire n’a pas encore fini sa mue. C’est le temps qui nous en dira. Mais, en attendant, chaque groupe a ses raisons, ses ambitions qui lui donnent de l’impulsion en cette veille d’élections présidentielles.

POURQUOI LE SOUTIEN A ATT

On peut affirmer que les contradictions au sein de l’Adéma ont atteint leur paroxysme après le meeting de l’ASMA, au cours duquel la convergence 2007 a été lancée par le premier vice-président de l’Adéma qui, du reste, poursuit ses offensives. A cela, il faut ajouter les réactions tous azimuts de certains cadres du parti, qu’ils soient avec Soumeylou Boubèye Maïga ou non, contre la décision du CE de l’Adéma de soutenir la candidature d’ATT dès le premier tour des élections présidentielles.

ATT qui, certainement sera candidat à sa propre succession en 2007 va vers la fin de son mandat. De ce fait, il a en main les atouts de cette gestion qui démontrent, si besoin en était, que le Mali ne va pas à reculons depuis les élections générales de 2002 en termes de réalisations d’infrastructures diverses: routières, d’irrigation, de logements sociaux entre autres. A cela il faut ajouter la réalisations de ponts et barrages, l’aménagement des périmètres irrigués entre autres. Ces résultats engrangés pendant le mandat qui tire vers sa fin sont élogieux et confirment que le président ATT est un homme qui a à coeur le développement du Mali, l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations.

Moussa SOW

16 janv 07