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Autant il est indéniable que la démocratie est en marche au Mali, autant on ne saurait dire que tout va pour le mieux chez les principaux animateurs de cette démocratie : les partis politiques. En effet, dans leur parcours, tous ont connu des périodes de deuil, de divisions, de querelles de clochet et d’intérêt…

Et de nos jours encore, la saignée persiste chez d’autres. C’est dire que l’expérience de la démocratie est aussi exaltante qu’avec ses péripéties, elle reste souvent plus dépendante du tempérament des hommes que de l’état de la démocratie elle-même.

Pourtant, tous les gardes-fous nécessaires à sa bonne marche existent, comme c’est le cas pour le Mali : une Constitution émanant du peuple, qui garantit le multipartisme, qui détermine le rôle et les missions des institutions, les liens qui pourraient exister entre elles, qui garantit la libre expression, la protection des droits fondamentaux de l’homme…

Mais à entendre certains hommes politiques en mal d’adaptation dans un contexte pourtant purement démocratique, tout cela n’est que fiction. Comme s’ils réduisaient le peuple souverain à de simples jouets confinés dans un simple rôle de spectateurs. Ce jugement erroné réflète encore plus les difficultés qu’éprouvent les tenants d’une telle perception de la démocratie malienne à faire face à leurs problèmes internes.

La situation actuelle de la classe politique n’échappe pas à ce registe. Autant les grands partis comme l’Adéma et l’URD- s’agitent dans tous les sens pour ”remplir leur besace“, autant les autres partis (e tmême les petits) se livrent à un combat de survie et de légitimité. Les moins résistants ont tout simplement jeté l’éponge.! Toujours est-il que le dénominateur commun à tous ces partis reste la gestion des problèmes internes.

En effet, certains, incapables de surmonter la pente pour poser un diagnostic complet des problèmes qui les entravent -toute chose qui ne peut aller sans une remise en cause-, ont vite fait de se chercher un bouc émissaire qui ne serait autre que l’Etat, du moins le régime en place, accusé de tous les maux, et même d’avoir tout mis en oeuvre pour réduire leurs partis au néant.

Mais dans la frontière entre tourments politiques et combat de légitimité, un parti force aujourd’hui l’admiration, en l’occurrence, le CNID-Faso Yiriwa Ton. On a comme l’impression qu’il s’est effacé de la scène politique ! Mais que non : il est toujours présent et oeuvre lentement, mais sûrement, à resserrer ses rangs, consolider ses assises et préparer les échéances de 2009, puisque la question de 2012 ne se pose pas encore.

Est-ce à dire que le CNID ne connaît pas de problèmes? Non, loin s’en faut : il en connaît si bien qu’il s’applique à les circonscrire, mais avec méthode et philosophie. Est-ce de là que réside sa force, depuis son combat clandestin d’avant Mars 1991 jusqu’à nos jours? La fanfaronnade, la vantardise, la luttes de positionnement avant la lettre, ne semblent pas être le propre de Me Mountaga Tall et ses campagnons du CNID-FYT.

Cela paraît d’autant plus fondé que tous se demandent encore comment l’incident du mois de Décembre dernier a pu se produire. Autant tous le regrettent, autant tous se réjouissent de la façon responsable et mature par laquelle les différents protagonistes l’ont circonscris et remisé aux calendes grecques.

Le constat le plus frappant, c’est qu’au-delà des coups bas et des entraves qui lui avaient été portés, le CNID a toujours su maintenir sa présence sur la scène politique nationale. Certes, il n’est pas le seul en la matière, mais il a le mérite d’être ce parti qui, sans se targuer d’être grand, a compté et compte vraiment sur l’échiquier politique national. Pour preuve : sa contribution dans le peaufinément de la démocratie et l’animation du débat démocratique.

Aussi, certains citoyens n’hésitent plus à soutenir que les autres formations politiques de la place peuvent s’inspirer du CNID, pour non seulement gérer leurs différends, mais aussi pour imprimer une nouvelle dynamique et dans leurs démarches, et dans leurs méthodes.

Selon eux, les responsables et militants du CNID-FYT ont compris, depuis le début, ce que c’est que la démocratie et ce que c’est qu’un parti politique. C’est pourquoi ils ont une idée claire du rôle qui est le leur dans le jeu démocratique malien.

Pourvu que Me Mounta Tall et ses camarades ne prennent pas ces constats pour des compliments et dorment sur leurs lauriers, mais qu’ils en tirent tous les enseignements nécessaires.

Adama S. DIALLO

14 Juillet 2008