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De l’ouverture démocratique à ce jour, il y a eu beaucoup d’initiatives, de tentatives de relancer le développement économique du pays après les périodes de turbulances ayant entraîné la destruction du tissu économique. L’ouverture démocratique, pour le plus grand nombre de Maliens, était cette alternative aux difficultés que nous vivions à l’époque.

A l’étape actuelle de l’évolution du processus démocratique, la situation, en toute objectivité, ne présente pas une lisibilité aussi satisfaisante. Qu’à cela ne tienne, les efforts ont régulièrement et entrepris par les autorités successives, en vue de mieux orienter la gouvernance. C’est dans ce contexte qu’il faut placer la réalisation des grands travaux à travers tout le pays.


Les grands chantiers ouverts au Mali

Ce processus, commencé depuis les premières années de l’ouverture démocratique, se poursuivent allègrement après la réalisation de l’alternance politique en 2002. Ceci explique cela. En effet, le Mali est l’un des pays qui bénéficie de nombreux appuis financiers en raison du fait que ses partenaires techniques et financiers lui font confiance pour les efforts soutenus de développement.

Cette confiance est rénouvellée aux autorités actuelles malgré les réactions internes de représentants de la classe politique et de la société civile. Qu’à cela ne tienne, il a toujours existé de sérieux problèmes de la gouvernance, notamment en ce qui concerne le développement rural.

Par rapport à cela, on dira que tous les pouvoirs qui se sont succédés ont fait de leur mieux. Cela ne veut pas dire en réalité que tous ont systématiquement fait tout en y mettant toute la plénitude de leur force, leur intelligence pour faire bouger les choses.

La gestion de l’essentiel des problèmes

Ainsi, peut-on dire que tous les pouvoirs ont tenté de gérer l’essentiel des problèmes posés et même là, les résultats n’ont jamais été à la hauteur des attentes des populations. C’est ce qui explique la persistance irréfutable de la crise scolaire commencée bien avant l’ouverture démocratique. Il en est de même que les difficultés liées à la cherté de la vie.

On dit souvent que le contexte change, et que consécutivement à cela, les réalités politiques et socio-économiques se modifient. Ces mutations se sont le plus souvent caractérisées par des reculs et la hausse progressive des prix: des transports urbains et inter urbains, des denrées alimentaires, et de plusieurs biens et services. A preuve, le renchérissement du prix des céréales sèches a commencé après le départ de l’ancien président Moussa Traoré.

Ainsi, au lieu que les prix baissent, ils n’ont fait que flamber progressivement d’année en année et la dévaluation du franc CFA est venue tout compliquer. Ainsi, de 1994 à la flambée actuelle des prix consécutivement à la hausse du prix du baril du pétrole, les consommateurs, au Mali, comme ailleurs, sont à rudes épreuves malgré les efforts des autorités respectives pour atténuer les chocs.


Les pouvoirs successifs interpellés

De là, il y a lieu de comprendre que le Mali, en dépit de ses atouts en matière de développement, en particulier de développement rural, n’a pu véritablement exploiter de façon suffisante cette énorme potentialité. Face à cette question parmi les plus essentielles, tous les pouvoirs qui se sont succédés sont interpellés de n’avoir pu prévenir les sécheresses et flambées des prix au plan international.

C’est à ce niveau qu’on dit que la capacité d’anticipation est faible voire inexistante en ce qui concerne la gouvernance, la gestion des affaires publiques. En effet, le Mali pouvait être à l’abri du calvaire général dû à la hausse vertigineuse des prix au niveau mondial si les dispositions avaient été prises par les différents pouvoirs pour anticiper les difficultés économiques.


Des avancées significatives sous ATT

D’ailleurs, à ce niveau, c’est surtout le pouvoir ATT qui a fait plus que les précédents en terme d’aménagement des périmètres irrigués sur l’étendue du territoire national. On se rappelle qu’à ce sujet, le ministre de l’Economie de l’Industrie et du Commerce Abdoulaye Amadou Diallo, face aux élus de la nation, a souligné cet aspect fort encourageant dans le cadre de la gestion des affaires publiques.

Les efforts se poursuivent dans ce sens dans le contexte actuel de conjoncture économique internationale avec plus d’ardeur, d’engagement et de perséverance de la part du pouvoir actuel à la grande satisfaction de tous ceux qui sont soucieux du développement économique du Mali visant le strict objectif d’amélioration des conditions de vie des populations.

L’Initiative riz pourra t-elle combler les attentes ?

L’initiative riz s’inscrit dans cette même dynamique. Elle aurait dû être mise en oeuvre il y a vingt ans ou plus à travers l’exploitation des énormes potentialités de l’Office du Niger en premier lieu.

Ne dit-on pas que mieux vaut tard que jamais? Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette initiative mérite d’être accompagnée, puisqu’elle n’est pas mise en oeuvre pour le pouvoir, mais pour l’ensemble de la population. Elle doit être mise au dessus des querelles et ambitions politiques. Oeuvre s’inscrivant dans l’intérêt de l’ensemble des Maliens, tous ont intérêt à critiquer ce qui est mauvais dans sa mise en oeuvre afin qu’elle soit une réussite.

Autrement, les critiques acerbes, parfois ne reposant sur rien de concret et les manoeuvres ourdies contre l’initiative riz ou le ministre de l’Agriculture ne profitent à personne, pas même à ceux qui s’y adonnent.

Mais il leur faudra sans doute du temps pour comprendre cela. Heureusement que les autorités en charge de l’Agriculture sont des acteurs débordant d’expériences et connaissant bien les habitudes des Maliens. C’est pourquoi leur seul souci est la réussite de cette initiative dans l’intérêt de tous. Pour cela, ils ne ménagent, fort heureusement aucun effort.

Le succès est au bout de l’audace, du courage et de la persévérance, parfois il faut même être têtu pour pouvoir atteindre ses résultats.


Moussa SOW

06 Aout 2008