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Les auteurs (agents de la douane de Yanfolila) du tir à bout portant sur Lassine Sidibé qui a rendu l’âme sont devant le procureur près le Tribunal de Sikasso pour répondre de leur acte.

Les douaniers de Yanfolila n’ont pas bonne presse. Ils sont décriés par les populations pour ne pas dire qu’ils constituent même une source d’insécurité pour celles-ci. Prétextant d’une mission de chasse contre les trafiquants à Tiemba dans la Commune de Yalankoro Soloba à une cinquantaine de kilomètres de Yanfolila, des éléments de la douane de cette localité se sont rendus coupables de l’assassinat de Lassine Sidibé.
Quelques jours après le crime, des langues se délient.

De sources dignes de foi, l’on apprend que les douaniers étaient en mission traditionnelle de traque des trafiquants. C’est au cours de cette mission qu’ils ont découvert une moto neuve dans un site d’orpaillage. Mais quand ils ont voulu enlever l’engin, des femmes se seraient opposées. Et c’est dans cette atmosphère qu’un certain Bah, agent de saisi, a froidement tiré, selon nos informations, sur la foule. Lassine Sidibé est touché et rend l’âme sur place.

Mais nos sources rapportent que contrairement à une idée répandue, la victime n’était ni trafiquant ni propriétaire de moto comme avancé par la douane. L’autre hic tient au fait que sur les cinq éléments qui étaient de la mission, seulement deux étaient des agents de la douane et les trois autres des manœuvres communément appelés « indicateurs ».

L’on apprend aussi que les deux douaniers en question n’ont suivi aucune formation et n’ont pas été recrutés par voie de concours mais sur recommandation. Il nous est également revenu que l’auteur du crime n’est pas à son premier dérapage. Il est connu dans le milieu de la douane comme un agent particulièrement « arrogant et fougueux ».

Le quidam se serait sorti de la prison pour vol de 4 millions de F CFA sur des marchandises en provenance de la Côte d’Ivoire avant d’être muté à Yanfolila. Mais puisque dit-on, il a des soutiens hauts placés, le douanier qui a tiré est même craint par sa hiérarchie.

Après leur forfait, il a été demandé à Mamadou Bah alias Madoufin et son collègue Souleymane Traoré de transporter la victime au centre de santé le plus proche. Sans autre forme de procès, ils ont pris la tangente. Et l’engin qu’ils ont emprunté pour regagner Yanfolila, ils l’ont saisi. De même que la moto de ceux qui sont partis annoncer la mort de Lassine, un jumeau.

Sur les cinq éléments, quatre ont été présentés au procureur près le tribunal de Sikasso. Le cinquième a disparu dans la nature.

Affaire à suivre

Mohamed Daou

17 Mars 2010.