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Avril 2007, élections présidentielles au Mali. Mme Sidibé Aminata Diallo, professeur d’enseignement supérieur, jusqu’alors peu connue des maliens, si ce n’est dans les associations féministes, sort de nulle part sous la bannière d’un parti politique appelé REDD. Dans la foulée, Mme se porte candidate à la magistrature suprême de notre pays, une 1ère . Tout se passe bien pour elle, car malgré un score peu flatteur, Mme Sidibé Aminata Diallo parvint à forcer la sympathie de Koulouba. Ce dernier, après sa brillante réélection lui glissa une sucette dans la bouche, histoire de récompenser cette dame qui a quand même osé poser le pied là où aucune femme n’est arrivée. Mme est nommée ministre de l’éducation de base de l’alphabétisation et des langues nationales.

Comme il est de coutume, après sa nomination à la tête d’un département nouvellement créé, Mme se doit de constituer une équipe censée la servir au mieux. C’est là que les problèmes vont commencer, car Mme est très vite prise dans un tourbillon qui ne s’arrêtera pas de sitôt. Des nominations purement REDD, allant jusqu’à une  » clanisation  » des lieux ; du zèle à un degré supérieur ; des cadres réduits à leur simple expression ; Mme a fini par résumer son département à une structure faitière du REDD. Conséquences, antipathies et dysfonctionnements rivalisent au ministère de l’éducation de base, de l’alphabétisation et des langues nationales. Malgré tout, Mme persiste. Le mal gangrène et atteint un niveau que nous qualifions d’inacceptable.

Selon de source très proche, durant les 2 années passées au ministère de l’éducation de base, de l’alphabétisation et des langues nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo, aidé par son  » puissantissime  » chef de cabinet Cheick A Traoré et son chargé de mission Sidiki Diarra, a laissé les traces qui suivent :

– Réforme sans scrupule pour donner l’occasion à soi – même et à des proches de s’accaparer des véhicules de l’Etat à des vils prix
– Marchés frauduleusement attribués

– Bâillonnement de certains technocrates du département
– Gestion personnelle et clanique des affaires
– Mains basses sur des matériels bureautiques

– Flou autour des 4 milliards investis dans la communication en 2007

Cela fait un peu trop quand même. Pourtant, la liste n’est pas exhaustive, d’autres informations d’ailleurs défendues par notre confrère  » L’indicateur du Renouveau « , font état de graves saignées dans les finances du département. Cela, malgré la bonne foi du DAF ; un cadre qui semblait en avoir trop sur la tête, parce que tout simplement on lui demandait souvent de faire l’impossible. En tout cas ce qui est des saignées financières, il s’agit particulièrement des bons pour des matériels qui n’ont jamais franchi le seuil du département. Pourtant, à en croire notre confrère, ces matériels que finançait la DAF étaient stockés dans un magasin sous le seul contrôle de Mme la ministre et de son ami, chef de cabinet, Cheick A Traoré. Finalement, ces matériels auraient tout simplement disparu.

Pour en savoir plus sur ce point, nous sommes rendus à l’ancien département de Sidibé Aminata Diallo pour échanger avec le chef de cabinet toujours sur place. Ce dernier qui se construirait une somptueuse résidence au Badialan, après nous avoir fait attendre pour raison de restauration, a fini par nous prier de laisser nos coordonnées à son secrétariat, histoire de nous contacter plus tard. Nous nous sommes exécutés mais point de suite. Immédiatement, nous avons conclu à une mauvaise volonté. Sinon, pourquoi ne pas recevoir, encore moins contacter des journalistes qui ne voulaient rien d’autre que d’éclaircir des faits aussi graves que les siens ?

Voilà un peu brossé la situation du ministère de l’éducation de base, de l’alphabétisation et des langues nationales à l’ère Sidibé Aminata Diallo. Maintenant que les choses ont changé avec l’arrivée d’un nouveau ministre, il importe de tirer tout cela au clair en faisant un audit qui va non seulement embrasser les finances du département, mais aussi du REDD et pourquoi pas de la ministre sortante. En la matière, il ne s’agira ni plus ni moins que du respect de la constitution malienne qui, dans son article 57, demande à ce que tous les membres du gouvernement, avant d’entrer en fonction, remettent au président de la cour suprême une déclaration écrite de leurs biens personnels, laquelle déclaration doit faire l’objet d’une mise à jour annuelle. En ce qui concerne, la ministre sortante, il n’est pas du tout mauvais de jeter un coup d’œil sur les déclarations de biens personnels et d’en tirer une conclusion.

Seybou KEITA

Le Nouvelliste du 30 avril 2009