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Avec le retour de l’ambassadeur de la Mauritanie au Mali après celui d’Algérie, l’on peut soutenir que c’est désormais la fin de la brouille diplomatique entre ces deux pays du Maghreb et le Mali. Ces deux pays avaient rappelé, en février dernier, leurs ambassadeurs au Mali pour consultation afin de protester contre la libération par Bamako de quatre terroristes d’Aqmi, en échange, de leur point de vue, de celle de l’otage français Pierre Camatte.

Cinq mois après cette brouille diplomatique, l’ambassadeur d’Algérie, Ayadi Noureddine a regagné son poste à Bamako. A cette occasion, nous avions posé la question de savoir si le diplomate algérien sera suivi prochainement par celui de la Mauritanie.

La réponse est aujourd’hui, sans équivoque : l’ambassadeur de la Mauritanie va bientôt, à son tour, regagner son poste à Bamako.

L’information est du président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz, qui l’a livrée au cours d’une interview qu’il a accordée à notre confrère de Jeune Afrique, publiée dans son n° 2588 – 2589 du 15 au 28 août 2010.

Selon certaines sources diplomatiques à Bamako, c’est un nouvel ambassadeur de la République islamique de Mauritanie qui viendra à Bamako.

A la question de notre confrère de Jeune Afrique de savoir s’il entretient de bonnes relations avec le président du Mali, Amadou Toumani Touré, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelazie a répondu : « Il est vrai que lorsqu’il a libéré un djihadiste mauritanien (avec un Burkinabé et deux Algériens, en février 2010, ndlr), en échange de l’otage français Pierre Camatte, nous l’avons très mal pris. Nous sommes toujours à la recherche de ce terroriste. Il a regagné Aqmi dans le Nord-Mali. Mais, nous ne pouvons pas camper sur cette position. Nous comprenons aussi l’attitude des Maliens. Leur vision des choses ne cadre pas avec la nôtre, mais nous devons la respecter. J’ai souvent rencontré le président malien depuis« .

Ainsi, avec ces propos du président Mohamed Ould Abdelaziz, la Mauritanie met beaucoup d’eau dans son vin en abandonnant l’aversion qu’elle avait pour le Mali pour avoir libéré quatre terroristes en échange de l’otage français Pierre Camatte.

Cette volte-face du président mauritanien a amené notre consœur de Jeune Afrique, Marianne Meunier à poser la question suivante au président Mohamed Ould Abdelaziz : « Dans ce cas, quand votre ambassadeur, que vous avez rappelé, en février, retournera-t-il à Bamako ?  » « Bientôt » répond le président mauritanien qui a soutenu que « la coopération entre les deux pays n’a jamais pâti de cette absence ».

A la question de savoir si le diplomate mauritanien va reprendre son poste à Bamako début 2011, le président répond : « Peut-être même avant ».


Alassane DIARRA

17 Aout 2010