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Le Vérificateur Général, Sidi Sossoh Diarra, n’a pas passé la nuit du mardi 31 mars au mercredi 1er avril en prison, malgré son retour pour la troisième fois en ce lieu, ce jour-là. En effet, aux environs de 22 heures, le jeune juge d’instruction, Dramane Diarra, l’y avait personnellement conduit pour y passer la nuit.

Deux heures après, voici le procureur du Tribunal de la Commune IV, Yacouba Koné, qui arrive à son tour, pour l’extraire de la maison d’arrêt. C’est ainsi qu’il a finalement passé la nuit à son domicile, à la Cité du Niger.

Le lendemain matin, c’est à dire hier mercredi 1er avril, en compagnie de Me Magatte Sèye, Sidi Sossoh Diarra s’est présenté de nouveau devant le même Procureur. Aux environs de 11 heures 30, il a bénéficié d’une liberté provisoire assortie du paiement d’une caution de 1,2 million de FCFA. Celle-ci a été payée par Me Magatte Sèye devant le refus obstiné de son client de le faire.

Peu de temps après, il rejoindra son bureau au Rond Point CAN de l’ACI 2000, où une trentaine de ses confrères de l’Ordre des comptables et experts comptables agréés du Mali lui rendront visite pour lui exprimer leur sympathie et solidarité confraternelle.


Le Vérificateur Général, Sidi Sossoh Diarra,
n’a pas passé la nuit du mardi 31 mars au mercredi 1er avril en prison, malgré son retour pour la troisième fois en ce lieu, ce jour-là. En effet, aux environs de 22 heures, le jeune juge d’instruction, Dramane Diarra, l’y avait personnellement conduit pour y passer la nuit.

Deux heures après, voici le procureur du Tribunal de la Commune IV, Yacouba Koné, qui arrive à son tour, pour l’extraire de la maison d’arrêt.

C’est ainsi qu’il a finalement passé la nuit à son domicile, à la Cité du Niger. Le lendemain matin, c’est à dire hier mercredi 1er avril, en compagnie de Me Magatte Sèye, Sidi Sossoh Diarra s’est présenté de nouveau devant le même Procureur.

Aux environs de 11 heures 30, il a bénéficié d’une liberté provisoire assortie du paiement d’une caution de 1,2 million de FCFA. Celle-ci a été payée par Me Magatte Sèye devant le refus obstiné de son client de le faire.

Peu de temps après, il rejoindra son bureau au Rond Point CAN de l’ACI 2000, où une trentaine de ses confrères de l’Ordre des comptables et experts comptables agréés du Mali lui rendront visite pour lui exprimer leur sympathie et solidarité confraternelle.

Dans notre édition d’hier mercredi 1er avril (L’Indépendant n°2175), dans un article intitulé : pour «entrave à la liberté de travail», le Vérificateur Général, Sidi Sossoh Diarra placé hier sous mandat de dépôt, nous écrivions ceci : «Sidi Sossoh Diarrah sera-t-il écroué ou ne le sera-t-il pas ? J

Jusqu’à hier, à 21 heures, c’était l’incertitude totale, on ne savait pas à quel saint se vouer. Puisqu’il a été à deux reprises conduit sous escorte policière à la prison centrale de Bamako avant de se retrouver de nouveau dans le bureau du juge d’instruction, Dramane Diarra, celui- là même qui l’a placé sous mandat de dépôt. Au moment où nous mettions sous presse, le Vérificateur Général (pour combien de temps encore ?) était toujours dans ce bureau exigu.

Avec une foule d’amis, de sympathisants, de parents éprouvés et de collaborateurs fidèles qui attendaient dehors pour s’informer et le soutenir».


Eh bien !
le même jour, aux environs de 22 heures, le jeune juge d’instruction, Dramane Diarra, a finalement fait exécuter son mandat d’arrêt en conduiant lui-même le Vérificateur Général, sous escorte policière, jusqu’à la prison de Bamako-Coura. Il s’est donc assuré de l’incarcération de Sidi Sossoh Diarra avant de regagner son domicile à Kati.

Deux heures après, le procureur du tribunal de première instance de la commune IV, Yacouba Koné, débarque à la prison centrale de Bamako pour y extraire le Vérificateur Général.

De Bamako-Coura, celui-ci s’est rendu à son bureau, sis à Hamdallaye ACI 2000. Tout le personnel, en dehors de ceux qui étaient en mission l’y attendait. Il était déjà zéro heure passée de 40 minutes.

L’honorable Konimba Traoré, membre de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et de l’Ordre des comptables et experts comptables agréés du Mali, était également sur place pour apporter tout son soutien à Sidi Sossoh Diarra. Celui-ci n’a pas trouvé les mots pour remercier ses collaborateurs fidèles, sauf que «je ne vais pas vous remercier, vous l’avez fait pour vous-mêmes».

Ensuite, le Vérificateur Général s’est dirigé vers son domicile, à la cité du Niger où il a passé la nuit. En clair, il n’a pas dormi à la prison centrale de Bamako, malgré le mandat de dépôt émis par le jeune juge d’instruction, Dramane Diarra.

A 6 heures hier, mercredi 1er avril, Sidi Sossoh Diarra s’est présenté à la prison centrale de Bamako avant de regagner, aux environs de 9 heures, le tribunal de première instance de la commune IV, en compagnie de son conseil, Me Magatte Sèye. Là, il a été encore auditionné par le même procureur, Yacouba Koné. Avant d’être installé au Secrétariat de ce dernier.

C’est ainsi qu’il a été demandé au Vérificateur Général le paiement d’une caution de 1, 2 million de FCFA pour obtenir une liberté provisoire. Il a catégoriquement refusé de débourser de l’argent afin de recouvrer sa liberté. Son conseil, le bâtonnier Magatte Sèye, qui avait dû déjà ferraillé avec lui sur cette question le jour même de son interpellation, s’est imposé en lui disant «si vous ne payez pas, moi je paye». Il lui a répondu : «Faites comme vous voulez».


Au finish, c’est bien Me Sèye qui a déboursé les 1, 2 millions de nos francs pour obtenir la liberté provisoire pour son client. Il était 11h10.

Voilà comment Sidi Sossoh Diarra a pu quitter le tribunal de première instance de la commune IV pour rejoindre, dans les minutes qui ont suivi, le Bureau du Vérificateur Général. Il a été accueilli avec enthousiasme et fierté par le personnel. Rapidement, il s’est réuni avec eux pour leur dire de tenir bon et de continuer leur mission.


Aux environs de 13 heures,
une forte délégation de l’Ordre des comptables et experts comptables agréés du Mali, au nombre d’une trentaine, a fait le déplacement au bureau de Sidi Sossoh Diarra pour lui témoigner leur soutien.

Ensuite, le Vérificateur Général a tenu à honorer un rendez- vous professionnel, dans un département ministériel. Il n’a donc pas perdu son temps pour reprendre le travail.

Ce qui est sûr, c’est que l’opinion publique ne comprend pas pourquoi il a été mis sous mandat de dépôt. Des interrogations demeurent toujours.


Certains se demandent si le pouvoir n’est pas complice de cette situation ?

D’autres pensent que c’est une cabale destinée à décrédibiliser l’institution que dirige Sidi Sossoh Diarra. Parce que son rapport en cours de rédaction épinglerait des gros bonnets de la République. Sans compter qu’il s’était déjà attaqué à des dirigeants et opérateurs économiques véreux, contraints à rembourser les deniers volés à l’Etat du Mali.


En tout cas, ses avocats, Mes Sèye et Konaté, entendent poursuivre le dossier jusqu’au bout.
Pour eux, il faut que le procès soit organisé afin que le peuple malien sache ce qu’on reproche à leur client et pourquoi il a été incarcéré.

Rappelons que c’est Daniel Amagoin Téssougué (magistrat de formation) et autres qui ont saisi le tribunal de première instance de la commune IV, suite au refus du Vérificateur Général d’exécuter une décision de la Section administrative de la Cour Suprême, demandant à ce groupe de reprendre le travail au Bureau du Vérificateur Général. Ce dernier explique toujours son refus par le fait qu’il n’a pas besoin de fonctionnaires «en détachement» dans son service mais des fonctionnaires «en disponibilité».

C’est pour cette raison que Daniel Amagoin Téssougué et autres ont saisi de nouveau la justice, notamment le tribunal de première instance près de la commune IV pour «rébellion, opposition à l’autorité légitime, forfaiture». Mais, c’est le chef d’inculpation, «entrave à la liberté de travail» qui a finalement été retenu contre le Vérificateur Général. Et pour cette infraction, il a été placé sous mandat de dépôt. Il a réaffirmé la même position au cours de son audition devant le juge d’instruction, Dramane Diarra. Pour lui, il n’est point question de collaborer avec des fonctionnaires en détachement.

A noter que Daniel A. Kassougué, le chef de file des plaignants, est un haut cadre de la magistrature. Il a été Secrétaire général du Ministère de la Justice, a formé beaucoup de jeunes magistrats actuels à l’Ecole Nationale d’Administration (ex-ENA) et est réputé être proche du Syndicat Libre de la Magistrature. Toutes choses qui peuvent expliquer la célérité avec laquelle le Vérificateur Général a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction Dramane Diarra.

La correspondance du président du Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) Hamèye Founé Mahalmadane, adressée au Vérificateur Général lui-même avec ampliation au Président de la République et au ministre de la Justice notamment est à cet égard très significative : «...Vous ne pouvez pour continuer impunément à violer les lois de la République et à vous opposer à l’exécution des décisions de justice rendues «Au Nom du Peuple Malien».

Le Syndicat Libre de la Magistrature veillera à ce que toute procédure judiciaire engagée contre vous pour ces faits soit conduite à son terme et la décision qui en sortira, exécutée».

A suivre.

Chahana Takiou

02 Avril 2009