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Hier en début d’après-midi, le contrôleur général de la Police Niamé Kéïta, Directeur régional de la police du District nous confiait que la situation dans la capitale était maîtrisée. Selon lui, ses éléments avaient procédé à l’interpellation de 80 personnes, suite aux incidents de la veille.

Les auditions des personnes interpellées se poursuivaient encore dans les différents commissariats de la capitale et certains vandales pourraient se retrouver devant la justice. Si entre-temps des interventions – comme on a l’habitude de le voir – ne stoppent l’action de la police et éventuellement de la justice. Pour revenir aux actes de vandalisme, tout a débuté au Stade avec l’inscription du deuxième but togolais.

A partir de ce moment, quelques spectateurs sont descendus sur la pelouse. Le service d’ordre est débordé. La pelouse devient très vite un champ de bataille. Joueurs, arbitres et officiels se cherchent. Dans les gradins, c’est la débandade générale. La police charge.

Et la panique se généralise. Les officiels, composés du Premier ministre, de nombreux ministres et de hauts responsables sont mis à l’abri dans les vestiaires en compagnie des joueurs. Dehors, la tension monte. Policiers et vandales s’affrontent. Les installations du 26 mars sont saccagées. A l’intérieur des vestiaires certains joueurs maliens sont en larmes. Une forte protection policière est déployée pour protéger les vestiaires.

Finalement, le siège prend fin après 22 heures, soit deux heures après la fin du match. Le Premier ministre est «évacué» vers la chaussée submersive de Sotuba. Une forte protection est déployée pour assurer le protection des Togolais et des joueurs maliens. Ce cordon de protection est resté en place une bonne partie de la nuit.

Au même moment, la terreur des vandales s’abattait sur la capitale. Face à l’absence des forces de l’ordre, les vandales et autres bandits s’en sont donnés à coeur joie. Ils étaient devenus les maîtres de la capitale. A certains moments, le souvenir de l’insurrection de mars 1991 refaisait surface. Le pire pouvait se produire cette nuit. Pourquoi donc ce déferlement de violences ? La défaite contre le Togo justifiait-t-elle cette violence inutile et gratuite ? Autant de questions que les Bamakois, encore sous le coup, se posent.

C.H Sylla

29 Mars 2005