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Les composantes de la classe politique sont aux aguêts depuis le lendemain de la victoire d’ATT dès le premier tour confirmée par la Cour Constitutionnelle. Après la victoire du président Amadou Toumani Touré, candidat à sa propre succession, ses partenaires politiques, logiquement s’attendent à des récompenses de sa part, même si certains ont déjà clamé haut et fort qu’ils n’ont rien demandé au président de la République qui, du reste, n’a rien promis à personne.

Peut être qu’il serait vicieux, sinon erroné de conclure l’après victoire à un moment de partage de gâteau. Mais, le président de la République ne peut constituer un gouvernement sans prendre en compte les partis politiques qui ont consenti des efforts de soutien et de défense de sa candidature à l’élection présidentielle du 29 Avril. Ainsi, quoi qu’on dise, il y a des tractations en cours, dans les coulisses, les états majors des partis politiques. Toute chose qui augure de positionnements clairs de certains cadres qui, sans doute, pensent que leur heure est enfin arrivée de prendre part à l’action gouvernementale.

TOUS LES MOYENS SONT-ILS BONS POUR SE POSITIONNER?

La guerre de positionnement fait rage malgré le semblant d’accalmie qui règne quelques jours après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles par la Cour Constitutionnelle. Les composantes de la classe politique ont en effet renoué avec les hostilités. Pendant que les uns se positionnent pour participer à l’action gouvernementale, il y a des acteurs politiques qui ont des comptes à régler et ils usent de tous les moyens pour tenter de prendre leur revanche sur ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires politiques. Tant qu’ils ne seront pas au pouvoir, ils seront toujours remontés.

Mais, sachant bien que leur marge de manoeuvre est très réduite, ils sont toujours en train de fomenter des coups bas, en raison de leur position rigide contre le pouvoir D’ATT. Accepteront-ils eux mêmes de collaborer avec ce même pouvoir au cours du mandat qui commence? S’ils le faisaient, c’est leur crédibilité qui en sera entamée. Alors, ils sont dans une situation inconfortable par rapport au pouvoir ATT. La seule alternative qui s’offre à eux, c’est d’animer l’opposition politique.

LE CONSENSUS ET LE SECOND MANDAT D’ATT

Cela vient à point nommé à un moment où le président de la République lui même a tendance à se demarquer du consensus politique qui a été à rude épreuve le long du premier mandat. Pourtant, le consensus politique a été très bien accueilli par la majorité écrasante des acteurs et des partis politiques pendant plus de trois ans. Mais, avec l’approche des élections présidentielles de 2007, ayant des ambitions présidentielles, certains acteurs politiques, notamment ceux du Front pour la Démocratie et la République (FDR), ont vite retourné leur veste pour prendre à partie le président de la République, sa gestion des affaires publiques, le consensus politique.

Sur ce chemin, ils n’ont rien épargné; à la limite, pour certains, depuis l’arrivée d’ATT au pouvoir, rien n’a été fait qui permette l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations. C’est ce qui amenera certains à affirmer que la démocratie malienne est prise en otage, d’autres diront même qu’elle est menacée et qu’il faudra la sauver. C’était des propos de campagne électorale, sous le coup de la passion qui se transformera progressivement en acharnement.

PARTICIPER AU GOUVERNEMENT OU ANIMER L’OPPOSITION

Les populations qui sont les électeurs ont su faire la part des choses entre les discours destinés à des fins de campagne et l’ambition réelle qui repose sur du concret et qui en dit long sur le dégré de patriotisme des uns et des autres. L’échec des candidats du FDR ne les pousse pas à la démission politique. Seulement, ils sont obligés de se donner un temps pour mieux penser la stratégie d’animation de l’opposition politique qui est désormais incontournable pour eux.

D’ici là, les acteurs politiques de toutes les sensibilités sont en train d’affûter leurs armes autant pour prendre part à l’action gouvernementale que pour animer l’opposition politique. Pendant que ces tractations seront fructueuses pour certains, d’autres commenceront leur traversée réelle du désert, en raison des actes qu’ils ont déjà posés à la veille et au cours des campagnes des élections présidentielles. L’opinion publique nationale témoin des agitations et des propos désobligeants en garde encore un souvenir.

POSITIONNEMENT VERS 2012

Une chose est sûre, c’est que les composantes de la classe politique, malgré leur possibilité de participation à l’action gouvernementale ont tout intérêt à développer un positionnement qui va au-delà du second mandat du président Amadou Toumani Touré.

On a commencé à le dire, 2012 se prépare dès maintenant. Mais tout est loin d’être perdu pour les uns et les autres qui doivent surtout profiter de l’opportunité des élections législatives dont le premier tour se tiendra le 1er Juillet pour se faire d’abord le maximum de députés.

Cela est autant important qu’il leur permet d’abord de se faire une idée de leur capacité réelle de mobilisation. C’est aussi un moyen de travailler à corriger les insuffisances qui seront décelées.

En fait, on s’attend à une reprise effective du débat politique dont la finalité est une nouvelle recomposition du paysage politique.

Moussa SOW

12 juin 2007.