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Selon Oumar Ould Hamaha, responsable de la sécurité des zones occupées par les djihadistes, les combattants de Ganda Izo qui ont été faits prisonniers à l’issue de leur désarmement, seront jugés conformément à la loi islamique. Et les premiers responsables qui sont en fuite sont activement recherchés.

Désormais la ville de Douentza, distante de 120 km de Konna (ville où sont stationnées des unités de l’armée malienne) est depuis le 1er septembre sous contrôle des jihadistes d’Ançar Eddine et du Mouvement pour l’unicité et le djihâd en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Samedi dernier, tôt le matin, le groupe d’autodéfense Ganda Izo, qui avait occupé la ville de Douentza pour dit-il défendre les populations contre le MNLA a été désarmé par Oumar Ould Hamaha alias le Barbu Rouge, le responsable chargé des questions sécuritaires des jihadistes. Lourdement armés et dotés de moyens de défense anti-aérienne, le Barbu Rouge et ses hommes ont dans un premier temps encerclé la ville, puis le camp de Ganda Izo.

Selon nos sources, les combattants d’Ibrahim Maïga, contrôleur général du Mouvement Ganda Izo, n’ont pas résisté aux injonctions des jihadistes qui, selon Oumar, étaient déterminés à en finir avec tous ceux qui refusaient d’exécuter leur ordre. Après le désarmement, des combattants de Ganda Izo ont été arrêtés et sont soumis présentement à d’intenses interrogatoires.

Joint au téléphone quelques minutes après l’assaut, le contrôleur général du Mouvement Ganda Izo, a confirmé leur désarmement par des éléments du Mujao. « Quand ils sont venus dans le camp, ils ont demandé à ce que nous leur donnions les armes. Au regard de la modestie de nos moyens, nos hommes n’ont pas réagi et ont capitulé », ajoute le contrôleur général.

Si M. Maïga a apporté un démenti à un quelconque rapprochement avec les islamistes notamment avec le Mujao qui occupent le Nord du Mali, Oumar Ould Hamaha soutient le contraire. Le Barbu Rouge révèle qu’après la défaite du MNLA et sa fuite, Ganda Izo a souhaité un rapprochement avec le Mujao dans le but de « sécuriser la population contre les éléments du MNLA ».

Mais à condition, souligne-t-il, que Ganda Izo regagne Gao. « Nous avons accepté leur demande parce que nous avons un besoin en hommes. Quand ils sont arrivés à Douentza ils n’ont plus bougé. Nous n’avons pas vu trop d’inconvénients à cela ». Pourquoi la descente sur le QG de Ganda Izo ? Le Barbu Rouge est sans équivoque : « Ganda Izo a trahi la population et la parole donnée ».

Et de révéler les vraies raisons de leur acte. « Le vendredi 31 août, des responsables de Ganda Izo ont forcé des notabilités de Douentza à assister à leur rencontre. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont dit que désormais aucune autre force ne sera admise sur le sol de Douentza pas même les jihadistes. Quand on a eu écho de leur menace, nous avons demandé qu’ils rentrent dans les casernes, ils n’ont pas écouté, c’est à ce moment qu’on a décidé de prendre nos responsabilités ».

Selon Oumar Ould Hamaha, Ganda Izo a, à son sein des agents de renseignements de l’armée malienne, de la Cédéao. Celui qui menace de mener la guerre sainte aux USA, en France, en Angleterre accuse les combattants de Ganda Izo de faire comme le MNLA en érigeant les postes de contrôle. « Nous ne voulons pas qu’on traumatise les populations avec ses pratiques », se justifie Oumar. Quel sera le sort réservé aux combattants arrêtés ?

Le Barbu Rouge promet qu’ils répondront de leurs actes conformément à la loi islamique. Il a renouvelé ses menaces de répondre à toutes les attaques de l’armée malienne et de la Cédéao. « Nous sommes suffisamment armés pour leur faire répondre », avertit-il.

Le commandant de Ganda Izo, Boureima Dicko, nous confiait que ses combattants qui sont à Douentza étaient « un échelon avancé » de Ganda Izo, qu’ils ont subi une formation militaire intense à Soufouroulaye. Porte d’entrée des territoires contrôlés par les mouvements armés, Douentza était aux mains du MNLA qui a proclamé unilatéralement l’indépendance de l’Azawad. Ses combattants avaient fini par imposer leur loi aux populations.

(correspondance particulière)

03 Septembre 2012