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Difficile d’imaginer, il y a peu, un quelconque couac entre le président ATT et ses “filleuls” du PCR. Et pourtant, à la lumière de certains faits et à la lecture de certains événements, tout porterait à croire que la lune de miel entre le général-président et ses “jeunes gens” appartient désormais au passé.

La coupe n’en est pas encore à déborder, mais cela, semble t-il, ne saurait tarder, au regard de la trop forte accumulation de ressentiments, nés de frustrations diverses. A ce stade de la réflexion, la question fondamentale qui se pose est de savoir si les jeunes du PCR, pour service rendu, au président Amadou Toumani Touré peuvent réclamer, de bon droit et de manière fulgurante un retour de l’ascenseur ?

Formellement, la logique voudrait qu’il en soit-ainsi, si tant est que leur loyauté et leur intégrité envers le locataire de Koulouba n’ont jamais fait défaut.

Le président le savait. Il avait en son temps, fait le geste qui dans son entendement, devait combler l’attente des “jeunes gens”. Il a été offert quelques postes de chargés de mission à certains responsables du parti.

Cela a-t-il suffi au bonheur de ces jeunes condamnés à se battre à armes inégales contre des partis politiques mieux nantis ? Pas si sûr. Pour bien de militants du PCR, la désaffection du “chef” à leur égard serait intimement liée au principe même de la création du parti. “Cela pourrait tout expliquer”, disent-ils.

Si les premiers responsables du parti prennent leur sort avec beaucoup de philosophie, ce n’est pas le cas de leurs militants à la base qui ne manquent pas une seule occasion de rappeler le bail de confiance qui les lie à ATT, confiance malheureusement entamée ces derniers temps« .

“Le PCR mérite aujourd’hui un meilleur sort. C’est, tout de même, un parti qui a un élu à l’Assemblée nationale, environ 500 conseillers, des maires. Vu donc sous cet angle, on se demande pourquoi le jour tarde à éclore pour nos dirigeants, pétris de qualité et dont l’engagement politique aux côtés du président ATT n’a jamais été démenti.

Mais nous leur faisons confiance. Nous sommes sûrs qu’ils sauront prendre la décision qui s’impose dans de telles circonstances”, fulminent des militants du PCR au sortir d’une réunion dont l’ordre du jour peut être aisément deviné. Voilà qui relance le débat sur la connivence de certains partis politiques avec le président ATT.

Ce dernier, pour les avoir utilisé dans son ascension pour le mont Koulouba, doit maintenant faire face à l’effet boomerang. Au risque de voir s’agrandir le cercle de ses opposants et par ricochet, raviver davantage les inimitiés.
Amadou Sangho