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Après les résultats du second tour des législatives du 15 décembre, les langues commencent à se délier au sein de l’Union pour la république et la démocratie (URD). Les cadres de ce parti ne seraient plus sur la même longueur d’onde que Soumaïla Cissé, candidat malheureux à la présidentielle du 11 août. Ils s’apprêteraient à atterrir chez IBK avec armes et bagages.

jpg_une-2442.jpgLe parti, qui a soutenu la candidature de Soumaïla Cissé à la présidentielle de juillet et d’août, serait-il au bord de l’implosion ? Serait-on tenter de le dire. Depuis la proclamation des résultats provisoires par le ministère en charge des élections, les choses commencent à bouger dans les rangs de l’Union pour la république et la démocratie (URD).
Contrairement au vœu du parrain du parti de la poignée de main, Soumaïla Cissé, arrivé deuxième à l’issue de la présidentielle du 11 août, d’animer l’opposition, les cadres de son parti se positionnent déjà pour la majorité présidentielle. Ils estiment qu’avec dix sept (17) députés, le parti n’a pas sa place dans l’opposition. Ces résultats font de l’URD la troisième formation politique du Mali après le RPM (60 députés) et l’ADEMA (20 députés).

Pour ce responsable, de surcroit homme de droit, qui a requis l’anonymat, «la situation actuelle du Mali appelle tous les fils du pays à se donner la main pour la refondation de la nation malienne». Il ajoute que : «Le Mali n’a pas besoin d’une opposition qu’elle soit constructive ou radicale». Cette position de ce cadre de l’URD semble largement partagée par de nombreux militants et des nouveaux élus. Sur les antennes d’une radio libre de Bamako, un des nouveaux élus a été clair : «Moi, je n’irai pas dans l’opposition. Je veux aider IBK».
Pour certains militants, ils pensent que «leur parti a intérêt à accompagner le président de la République pour restaurer la dignité de l’homme malien. Mais disent-ils, cet accompagnement ne saurait jamais s’assimiler à une quelconque allégeance». Ils expliquent, par ailleurs, que «le parti sortira grandi de cela et non de l’animation de l’opposition».

Du côté de ceux qui optent pour l’opposition, ils martèlent que cette campagne est menée par des cadres à qui le parti a tout donné. «La peur de l’animation de l’opposition gagne surtout les cadres nommés à des postes à responsabilité. Ces derniers, qui bénéficient des avantages liés à leur fonction, ne souhaitent pas être éjectés des fauteuils dorés de l’administration», laisse entendre ce militant choqué par le comportement de certains responsables de son parti. Pour eux, ils doivent se conformer à la ligne directrice du parti au lieu de mener une rébellion dont les conséquences seront fatales.

La sauvegarde des intérêts personnels a éclaté toutes les grandes formations politiques du Mali, le parti URD, qui est longtemps resté en dehors des luttes intestines pourra-t-il échapper à la guerre du tube digestif ?

Yoro SOW

L’Inter de Bamako du 23 Décembre 2013