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Optimiste pour une prochaine sortie de crise, M. Berthé de déclarer que « le plus important, c’est qu’il y a un document qui prend en charge les préoccupations des travailleurs…Nous attendons maintenant la nomination d’un administrateur provisoire… ».

Le jeudi 1er juillet 2010, Dr Oumar Mariko, connu pour sa perspicacité, son entregent et « son parler vrai « , avait poussé le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, jusque dans ses derniers retranchements, concernant la gestion calamiteuse de la société Huicoma, qui faisait, autrefois, la fierté de Koulikoro. Cette entreprise avait tiré sa renommée de la qualité supérieure de l’huile et du savon dit de  » Koulikoro «  qu’elle produisait et commercialisait.

Si Ahmadou Abdoulaye Diallo était parfaitement dans son rôle, lors de cette séance de « Questions orales », force est de reconnaître que la gestion de cette crise dépasse, maintenant et de loin, les principaux acteurs impliqués, jusque-là dans les négociations. Car, tout a été déjà dit au sujet de la situation que vivent cette entreprise et ses travailleurs actuels, anciens et ceux licenciés.

Le sujet a été tellement évoqué dans toutes les tribunes, qu’il finit parfois par harasser. Chaque partie rejetant la balle dans le camp de l’autre. A n’en pas finir. Alors que le temps presse, les Maliennes ont besoin de cette huile et de ce savon dit de Koulikoro. Quant aux travailleurs, ils n’attendent que le démarrage de l’usine.

Un véritable jeu de ping pong

Que reste-t-il maintenant, au moment où on parle de la réhabilitation de l’usine (délabrée) de phosphate de Bourem, au lieu de songer à réhabiliter l’unique usine de ce genre au Mali, afin que ses travailleurs, à Koulikoro, Kita et Koutiala, puissent enfin trouver le sommeil et retourner en famille. La Bourse du Travail n’étant pas un meilleur gîte, surtout en cette période d’hivernage, quand on sait que la cour de l’Untm est inondée, presque après chaque pluie.

En effet, le problème n’est ni le PDG de Graphique Industrie, Alou Tomota, l’actionnaire majoritaire de Huicoma, ni l’Etat malien, encore moins les travailleurs de l’usine. Ce sont tous ceux-ci pris ensemble à qui il revient, maintenant, d’explorer les possibles voies et moyens de sortie de crise. Le président de la Commission des travailleurs de Huicoma, Bakary Berthé, qui nous a reçu à Huicomabougou, dans la cour de la Bourse du Travail, n’a pas perdu tout optimisme.

Au contraire, il pense qu’avec la nomination, tel que prévu dans le Protocole d’accord, d’un Administrateur provisoire, une solution rapide pourra être trouvée aux principales préoccupations. Pour lui :  » Le plus important, c’est qu’il y a un document qui prend en charge les préoccupations des travailleurs…Nous attendons maintenant la nomination d’un administrateur provisoire « .

C’est pourquoi, il urge aujourd’hui qu’une décision politique de haut niveau puisse être prise, à l’effet de redonner vie à cette unité industrielle, véritable sève nourricière pour les populations de Koulikoro, Kita et Koutiala, et dont les produits -huile, savon, produits cosmétiques, etc. – sont particulièrement prisés par les ménagères et les dames qui veulent se faire toujours plus belles. Surtout qu’on n’a jamais été autant proche d’une telle issue heureuse.

Dans la pure tradition malienne de dialogue et de solidarité. L’espoir est permis. Surtout à cause de l’attention particulière avec laquelle le président de la République suit ce dossier. Huicomabougou ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir.

M F

08 Juillet 2010.