Partager

Afin de redorer son blason, les nouvelles autorités semblent avoir commencé une purge au sein de la famille judiciaire. Histoire de la débarrasser des mauvais éléments. D’où l’arrestation de plusieurs magistrats et auxiliaires de justice pour concussion. Mais, cette purge ne doit pas se limiter à ce secteur car un autre secteur et pas des moindres a besoin d’être assaini : celui des médecins où le serment d’Hippocrate est foulé au pied.

En effet, le nouvel homme fort du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, lors de la campagne pour l’élection présidentielle qui a vu sa brillante élection, avait promu qu’il ferait de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités. Aussi, il avait promis que nul ne sera au dessus de la loi et que le glaive de la justice ne tremblera point. Ibrahim Boubacar Keita semble déterminé à traduire en actes ses promesses de campagne. C’est pourquoi, après l’arrestation et le placement sous écrou du Général Amadou Haya Sanogo, IBK continue ses actions pour que personne ne soit au dessus de la loi. Et que force revienne à la loi. En un mot, IBK veut redorer le blason de la justice. Un secteur, dont l’image a été ternie par les agissements de certains membres de la profession. Et c’est fort de cela que six magistrats ont été écroués pour concussion. Une première au Mali, qui sort de l’imaginaire.

Avec cette affaire, IBK semble vouloir aller dans le sens de la rigueur et le manque de complexe que les Maliens lui attribuent. Ce qui a d’ailleurs valu son élection à la tête d’un pays où presque tout est à refaire : la refondation de l’Etat, de l’autorité de l’Etat, l’école, la justice, l’armée… Et où la corruption a gangrené tous les secteurs. IBK, contre vents et marées, semble plus que jamais déterminé à jouer sa partition en tant que chef suprême des armées et de la magistrature au Mali. C’est ainsi qu’il a fait partir le Général Amadou Haya Sanogo qui, pour certains, était un intouchable. Un homme qui semblait au dessus des lois de la République, aux yeux de ses supporters. Dans cette même veine, et pour permettre que force revienne à la loi, voilà que six magistrats sont arrêtés pour concussion.

Le secteur de la médecine, un milieu à assainir!

Un autre secteur dans lequel les autorités devront mettre de l’ordre, c’est celui des médecins, un secteur sujet à toutes sortes de critiques aujourd’hui de la part des populations et usagers des centres publics de santé ( Asaco, Cscom, Chu..). En effet, dans ce secteur, le serment d’Hippocrate a fait place au serment d’hypocrite. Il est foulé au pied et il a perdu tout son sens. Car, les sanctions y sont rares.

« Pour qu’un malade soit bien pris en charge par un médecin de nos jours à Bamako, il faut se rendre dans sa clinique privée », explique cet accompagnateur de malade rencontré devant le CHU Gabriel Touré. Lequel poursuit : « Pour preuve, j’ai emmené un neveu pour des soins chez un spécialiste du CHU du PG, sa prise en charge n’a jamais été possible car, le médecin-traitant est toujours absent puisque occupé dans sa clinique où il draine les patients », ajoute-il.

Avant de poursuivre que « c’est ainsi que son état s’est empiré jusqu’à ce qu’il soit obligé de l’amener au CHU Gabriel Touré où ils étaient obligés encore de passer plusieurs heures avant qu’un médecin s’occupe de son neveu car la plupart d’entre eux sont occupés dans les cliniques privées où ils travaillent parallèlement. Et le médecin en question n’est venu qu’aux environs de 11heures alors qu’ils l’attendaient depuis 8 heures ».

Un autre fait qui l’a heurté, c’est le cas de ce laborantin qui travaille dans une Asaco en Commune VI et parallèlement dans une clinique comme laborantin. A l’en croire, ce dernier fait les analyses des patients plus chères que ceux de l’Asaco alors que le tout est fait au niveau de l’Asaco avec le matériel de ce centre de santé car, la clinique en question n’a pas de laboratoire d’analyse. En effet, les patients et accompagnateurs des malades se plaignent à longueur de journée de la négligence dont ils sont victimes à longueur de journée de la part des médecins.

Plus grave, l’inspection de la santé, chargée de veiller sur le respect des règles déontologiques de la santé, est logée à la même enseigne que les grands hôpitaux. D’où la présence d’inspecteurs qui mangent dans le même râtelai que les médecins des hôpitaux. Ceux-ci ferment les yeux sur les défaillances pour couvrir leurs confrères en cas d’erreurs graves. Le cas de l’avocate qui a perdu la vie, il ya quelques années des suites d’une « négligence » de la part des médecins est assez révélateur.

Donc, il s’agit d’un secteur que Ibrahim Boubacar Keita doit assainir au grand bonheur des populations qui n’en peuvent plus de la négligence et des bévues dont elles sont victimes à longueur de journées dans les centres de santé communautaire, des Associations de Santé Communautaire et les Centres Hospitaliers Universitaires de la part de certains médecins qui ne jurent que par l’argent. Car la vie d’un homme a peu de valeur à leurs yeux.

Georges Diarra

Tjikan du 24 Décembre 2013