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Depuis sa “descente aux enfers”, lors des législatives au cours desquelles Ladji Bourama a échappé de justesse à une mort politique, en récoltant seulement 11 députés contre 46 en 2002, c’est le silence total, sinon inhabituel chez certains responsables du Rassemblement Pour le Mali. Il s’agit notamment du président IBK, et du 1er secrétaire à la communication du Bureau Politique national, l’ex-honorable Boubacar Touré dit Bou, tous connus pour leurs contestations électorales.

En effet, l’histoire retiendra que le président du RPM et certains responsables du parti, pour tenter de justifier leurs prétentions et réclamations face à leurs différents échecs électoraux ont souvent évoqué des irrégularités qui, selon eux, ont entaché la sincérité et la transparence du scrutin.

Le dernier cas remonte à l’élection présidentielle du 29 avril 2007, où Boubacar Touré, après la proclamation des résultats provisoires, a exhorté les jeunes du RPM à la violence, en organisant une marche dite de protestation, mais non autorisée. Ledit député et Bakary Traoré “Pionnier” avaient même proféré des grossièretés à l’endroit du régime et des forces de l’ordre.


Pourquoi ce silence ?

Pour les uns, il serait dû aux conditions dans lesquelles Mandemansa a été réélu, et à l’échec cuisant de Boubacar Touré dans la circonscription électorale de Niono, lors du 1er tour des législatives.On se rappelle que la réélection d’IBK-en attendant la confirmation de la Cour Constitutionnelle- a été difficile.

Ballotté par le candidat indépendant Moussa Mara au 1er tour, Ladji Bourama n’a dû sa victoire au 2ème tour qu’au soutien des partis politiques membres de l’ADP. Entre autres, l’ADEMA, l’URD, le PCR… Aussi s’en trouve-t-il moralement lié, sinon pris en otage, en ce sens qu’il est aujourd’hui redevable envers ces partis qui l’ont sauvé. IBK osera-t-il désormais “hausser le ton”, face à ces partis ?

D’autres observateurs de la scène politique attribuent ce silence de Mandemansa à une éventuelle future bataille entre l’ADEMA et l’URD pour le siège de Président de l’Assemblée Nationale. Selon eux, il suit avec intérêt cette possible bataille qui pourrait bien renverser la situation en sa faveur, et, qui sait, le reconduire sur son ancien fauteuil de président de l’Hémicycle.

A en croire ces observateurs, c’est cet espoir qui pousse Ladji Bourama à se garder désormais de toute autre déclaration compromettante au nom du parti.
C’est peut-être la raison qui a conduit, le week-end dernier, le Secrétaire général du RPM, Dr. Bokary Tréta, à se prononcer en lieu et place de son Président, IBK, sur la position qu’adoptera désormais le RPM sur la scène politique nationale.

Sinon d’habitude, c’est le “chatelain” de Sébénikoro lui-même qui est habilité à faire une telle déclaration. Le président du RPM, va-t-il rompre le silence, une fois son rêve brisé pour le perchoir de l’Assemblée Nationale?

S’agissant de Boubacar Touré, il a été non seulement victime de sa politique d’incitation à la violence, mais il semble incapable de supporter encore les séquelles de son échec dans la circonscription électorale de Niono.

Avec la levée de la couverture parlementaire dont se servait Boubacar Touré pour tirer à boulets rouges sur les ministres proches du pouvoir, l’homme n’ose plus récidiver, par crainte d’une éventuelle poursuite judiciaire.

Pendant longtemps, Boubacar Touré avait remué ciel et terre pour inciter les gens à s’opposer aux accords d’Alger. Il avait même interpellé le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, Kafougouna Koné, à l’Assemblée Nationale, sur cette question.

Le secrétaire à la communication, Boubacar Touré, se reveillera-t-il un jour des séquelles de son échec ?

Moussa TOURE

08 août 2007.