Partager

Pour une audience qui devait aller vite, ce ne fut pas le cas. Elle a traîné en longueur à cause du débit oratoire du prévenu. Ce jeune homme de 19 ans répondant au nom de Bouabré Guy Fernand est un expert en bégaiement. Mais aussi en vol. C’est cette dernière qualité qu’on lui découvre lors des funérailles auxquelles il a pris part dans le village de Kobouo.

Il s’y est retrouvé en compagnie de son ami qui venait de perdre un parent. En pareille circonstance, les amis et connaissances viennent de partout rendre un dernier hommage au disparu. Fernand n’a pas les moyens de participer financièrement aux obsèques. Il propose à son ami qu’il accompagne de lui offrir ses services. Fernand prend une part active dans l’installation des chaises et des bâches. Il prête main forte aux techniciens pour la sonorisation.

Son dévouement au travail attire l’attention des villageois qui par reconnaissance lui donne gîte et couvert. Le père de son ami le loge dans l’une des chambres de la maison familiale. Les funérailles terminées, Fernand trouve le prétexte de séjourner encore quelque temps dans la maison hôte.

Le maître des lieux ne trouve pas d’inconvénient à cela. Comment refuser l’hospitalité à l’ami de son fils qui de surcroit s’est montré serviable pendant les funérailles ? Ainsi Fernand reste à Kobouo pendant que son ami retourne à Gagnoa. Fernand avait un plan en tête qu’il tenait à traduire en acte.

Le chef de famille va réaliser plus tard qu’il a eu tort de placer sa confiance en son étranger. En effet, celui-ci profitant de l’absence du maître de maison, s’empare du sac de voyage du logeur. Puis se retrouve dans la capitale économique pour se la couler douce avec le fruit de son vol : des effets vestimentaires, un téléphone portable et la somme de 50 mille francs.

A l’épuisement du butin, Fernand retourne sous le Fromager. Son arrivée coïncide avec son arrestation. Le voilà face au tribunal. Il ne fait pas de difficultés pour reconnaître les faits et implore la clémence du juge. « Je ….je je m’ex m’excuse. C’est le le di didi diable qui m’a m’a pou pou sé sé », termine-t-il sa phrase. Enfin. La décision du tribunal est directe. 3 mois de prison ferme avec une amende de 50 mille francs.

Alain Kpapo à Gagnoa

Source Abidjan.net