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Les premières et uniques évaluations de l’année scolaire 2007-2008 dans les lycées publics ont été organisées du 19 au 30 mai 2008 par l’Etat, sans les enseignants. La Coordination syndicale des enseignants du secondaire (Coses), qui ne désarme pas, adoptera certainement une position face à la nouvelle donne ce matin lors d’une assemblée générale au Centre islamique. Le baccalauréat sera-t-il aussi boycotté par les enseignants ?

« Dans un Etat de droit qui dit reposer son développement sur l’éducation, les enseignants ne peuvent pas être considérés comme des parias. Pendant que l’Etat accorde des primes élevées à des agents, les enseignants sont foulés au pied. Nous disons non ! », dixit le secrétaire général de la Coses, Tiémoko Dao, qui ne rebrousse nullement chemin. « Nous sommes des Maliens et avons le droit de revendiquer ».

Une manière de répondre au président de la République qui, lors de son point de presse du 8 juin avait lancé des pics aux enseignants. « Tout a été dit. Tout a été tenté. Nous n’accepterons pas le chantage en tant que parents et soucieux du devenir de notre pays.

Ceux qui veulent venir, la porte leur est ouverte. Ceux qui ne veulent pas, on a fait les évaluations sans eux et le bac aussi se fera dans quelques jours sans eux. Personne n’est indispensable ».

Si le chef de l’Etat se félicite visiblement de l’organisation des évaluations, les enseignants s’empressent de dire que « ce ne sont pas des évaluations pour qui sait les conditions dans lesquelles elles ont eu lieu ».

M. Dao regrette que « ces évaluations se soient tenues en violation des textes en la matière. Les élèves ne peuvent et ne doivent être évalués sans les enseignants qui leur ont dispensé les cours pendant neuf mois.

Ce ne sont donc pas des évaluations à moins que nous ne soyons dans un autre domaine que la connaissance ». Et au secrétaire général de la Coses d’ajouter que « les élèves ont copié, traité les sujets en petits groupes, rentraient et sortaient librement des salles de classes ».

L’assemblée générale de la Coses de ce matin, qui regroupera les enseignants de Bamako et de Kati, intervient donc dans un tohu-bohu, où les deux protagonistes (l’Etat et la Coses) semblent décidés à maintenir leurs positions respectives. Mais Tiémoko Dao donne toutefois une chance à un compromis, car, a-t-il précisé, les enseignants sont prêts à revoir leur position si l’Etat entame de vrais dialogues avec eux.

Même si le secrétaire général de la Coses se borne à dire que l’AG de ce matin est « une rencontre d’information », les citoyens seront mieux édifiés sur la participation ou non de la Coses à la surveillance et à la correction du baccalauréat qui a lieu dans une dizaine de jours. Qu’est donc devenu le moratoire demandé par le Premier ministre

Modibo Sidibé ?

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)