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La Coalition malienne de la défense de la ressource eau et assainissement (CMDE) a appris avec consternation les émeutes pour l’eau potable dans la Commune de Léré (Région de Tombouctou au Mali).


Considérant que

– Le droit à l’eau, « bien vital », est un droit sacré au Mali ;

– Le droit humain à l’eau a été mentionné dans des actes et décisions de nature internationale : de la Déclaration universelle des droits humains à la Convention sur les droits de l’enfance en passant par la Conférence des Nations Unies sur l’eau à Mar Del Plata en 1977 ;

– Le droit humain à l’eau est indispensable pour vivre sa propre existence dans des conditions de dignité humaine. Il constitue une pré-condition pour la réalisation des autres droits humains (droit à la nourriture, au logement, à la santé, à l’école, etc.) ;

– L’eau appartient à l’économie du non marchand et du partage de la richesse et non l’économie de la prédation de la richesse d’autrui ;

– La réalisation du droit humain à l’eau pour tous est le préalable nécessaire pour parvenir aux objectifs du CSCRP de la Banque mondiale et des Objectifs du Millénaires pour le développement (OMD) de l’ONU.

La CMDE

– Condamne la politique de marchandisation, de privatisation de la gestion des services hydriques adoptée par la mairie de la ville de Léré pour faire de l’eau potable une source de profit pour des fins politiciennes ! ;

– Souhaite prompt rétablissement aux blessés ;

– Présente ses condoléances à la famille de la victime ;

– Met en garde contre tout système de compteur prépayé de l’eau que EDM-SA s’apprête à introduire en 2009 pour réaliser plus de bénéfice, augmenter le chômage au Mali, les épidémies de choléra et de la maladie du ver de Guinée… ;

– Soutient que l’accès à l’eau est un droit humain et social, individuel et collectif, et le financement des coûts nécessaires à garantir à tout être humain l’accès à l’eau en quantité et qualité suffisantes à la vie et aux actions d’assainissement est de la responsabilité de la collectivité, du trésor public.


La CMDE, exige

– L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante pour punir les responsables des politiques impopulaires de mercantilisation, de « partenariat public-privé » de la ressource eau ;

– La démocratisation de la gestion de l’adduction d’eau de la ville de Léré par la participation et le contrôle citoyen (l’autorité villageoise et l’association des usagers) ;

– La transformation de l’eau en un instrument de paix et du vivre ensemble entre les populations des villages, fractions, campements, quartiers et villes et non de « conflits », de « disputes », de « tension » pour l’eau ;

– La gratuité des 50 litres d’eau par jour et par personne : eau domestique (boisson, cuisine et hygiène) que préconise l’OMS ;

– L’annulation des dettes odieuses et réparation des préjudices ;


L’émergence de nouvelle forme de « coopération au développement » soucieuse de l’avenir de la planète et de « partenariat public-public
» ;

– La « constitutionnalisation » du droit à l’eau par son introduction dans la Constitution malienne et par son incorporation dans les statuts des collectivités communales et régionales.

Bamako, le 13 novembre 2008

Sékou Diarra

(président de la CMDE)

19 Novembre 2008