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En guise d’introduction à la rencontre Bachir Saleh Bachir, après avoir remercié et souhaité la bienvenue aux journalistes, dans leur “deuxième patrie, la Libye”, a précisé que c’est une première fois que des médias africains soient reçus par son pays.

Il a formulé le voeu que cette rencontre contribue au renforcement des relations de coopération, de partenariat et de développement entre les deux pays.

A son avis, l’excellence des relations entre le Mali et la Libye est la raison de cette rencontre entre un haut responsable libyen et la presse malienne.

INVESTIR AU MALI : UNE INSTRUCTION DU GUIDE

De l’avis de Bachir Saleh Bachir, le porte-feuille d’investissements libyen en Afrique a à sa disposition plus de 5 milliards de dollars avec des sociétés comme Afriquiya, Tamoil, les participations dans les banques de développement.

S’agissant de l’apport du fonds à notre pays, notre interlocuteur a expliqué que la Libye va investir dans des domaines comme la cimenterie, l’électricité, la construction des digues pour générer l’électricité, l’hôtellerie, la réalisation des projets agricoles. Car l’objectif, c’est de contribuer à l’autosuffisance alimentaire au Mali.

En plus, le PDG du portefeuille des investissements en Afrique a martelé que le Guide a donné des instructions d’investir au Mali sans réserve. Car pour lui, « le manque de capital pose problème aux Etats africains. Or le Mali a les ressources, la Libye a le capital, les deux pays peuvent travailler ensemble« , a martelé le chef de cabinet du Guide libyen

Nous voulons le développement du Sud et du Nord du Mali. Cela intéresse les deux chefs d’Etat, à savoir le président Amadou Toumani Touré et le Guide Moammar El Kadafi”, a-t-il indiqué, avant d’ajouter : “la Libye est prête à fournir son expertise dans tout ce que le Mali fait, c’est un devoir”.

Cependant, il a souligné qu’il y a actuellement des groupes d’experts qui sont en train d’examiner au cas par cas, les projets initiés. Déjà les projets de développement sont entrés dans leur phase de concrétisation avec l’hôtel Sofitel de l’Amitié, la Cité Administrative, entre autres.

POURQUOI UN CONSULAT A KIDAL ?

Selon Bachir Saleh Bachir, son pays a ouvert un consulat à Kidal pour contribuer à développer et à mettre en valeur la région, à savoir le Nord-Mali. Entre autres projets initiés dans ce sens, nous avons la construction de cliniques et d’écoles, la promotion de l’aéroport de Tombouctou, la réalisation des puits à grand diamètre, la réouverture du canal de la cité des 333 Saints.

S’il n’a pas dégagé le coût global des projets, Bachir Saleh Bachir a chiffré à 50 millions de dollars le coût pour la première phase desdits projets. Le responsable libyen a tenu à préciser que les investissements déboursés pour le développement du Nord-Mali ne sont destinés ni à un individu ni à une communauté.

En tout état de cause, si l’interviewé loue l’excellence des relations entre les deux pays, par contre au Mali, on soupçonne la main de Kadafi derrière les récentes attaques à Kidal. Des compatriotes vont jusqu’à établir un lien entre ces évènements et l’ouverture du consulat à Kidal.

La Libye ne pêche pas dans de l’eau trouble, ses relations sont claires avec le Mali. Quand je me suis rendu à Kidal, j’ai repété que sans la paix, je ne pourrais rien promettre”, a indiqué le conférencier.

Je ne sais pas où vous allez chercher la main de la Libye derrière cette révolte”, a-t-il ajouté tout en expliquant que les autorités de son pays ont été surprises, comme tout le monde, par les attaques de Kidal.

Pour la réalisation de nos projets, il faut la stabilité au Nord-Mali. “S’il y a une situation d’instabilité, nous pouvons retirer notre consulat et nous avons déjà entrepris des démarches dans ce sens. Nous avons ouvert ce consulat pour oeuvrer à la réalisation du processus de développement au Nord. Si le consulat à Kidal pose problème, nous sommes prêts à le fermer”, a averti le PDG du portefeuille des investissements en Afrique.

Pour le conférencier, le problème de Kidal étant une question interne, le Guide appelle le Mali à le régler pacifiquement sans recours aux armes, car il n’est pas bon qu’un Africain prenne l’arme contre un autre.

Mais “si le Mali nous demande une quelconque médiation, on le fera. Car le Guide est chargé de la promotion de la zone CEN-SAD. Il est l’initiateur de l’Union Africaine et le premier à appeler à éteindre les foyers de tension en Afrique”.

C’est à la condition que notre pays fasse la demande que la Libye peut intervenir pour aider à régler le problème. C’est un problème interne, « nous ne nous immixerons jamais dans les affaires internes du Mali”, a-t-il persisté et signé.

Oumar SIDIBE
Envoyé Spécial

02 juin 2006.