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Quelques semaines après les violents combats de Séguela, entre les éléments des Forces armées des Forces Nouvelles et un commando non identifié, sorti de nulle part, les choses commencent à s’éclaircir. Selon le Comzone Wattao, ce sont les éléments de IB, venus du Mali qui auraient perpétré l’attaque du 24 novembre dernier à Séguéla.

Pourtant, pendant les premières heures de l’attaque, tous les regards étaient tournés vers les hommes de Koné Zakaria, ex- Comzone de la localité, aujourd’hui exilé au Burkina Faso. De source militaire et hospitalière, contrairement au bilan annoncé les premiers jours, les affrontements ont fait plus de 32 morts, plusieurs dizaines de blessés et beaucoup d’arrestations.

Les stigmates de cette nuit infernale restent encore visibles dans toute la ville de Séguéla. La vie a reprit petit dans la capitale du Worodougou, après les affrontements sanglants qui ont opposés les hommes du commandant Wattao aux assaillants venus de la ville voisine de Vavoua, dans la nuit du dimanche 23 au 24 novembre 2008.

Suite à la journée très mouvementé du lundi, les populations de l’ancienne boucle de la Cola, sous couvre feu de 20heures à 05heures du matin, ont découvert, plusieurs corps inanimés qui jonchaient les ruelles menant à la prison civile située sur l’axe Séguela- Kani. Une autre source faisait état d’autres corps aperçus au quartier Soukrougban sur l’axe menant au barrage hydroélectrique. Des témoins ont affirmé avoir compter jusqu’à 23 corps en état de décomposition avancée.

Après avoir vaqué à leurs occupations vitales dans la matinée du mardi, les populations sont vite rentrées pour se terrer dès 15 heures locales. Pour ainsi respecter le couvre feu décrété par l’Etat major des Forces Nouvelles. C’était beaucoup plus pour les découvertes macabres qui ont jeté l’effroi au sein de la population que pour les rafles et autres contrôles des éléments de Wattao qui ratissaient la ville et ses environs.

Selon une source proche des Forces Nouvelles, l’attaque de Séguela, est une opération militaire grandeur nature rarement lancée contre les positions des forces nouvelles.

La méthode d’infiltration utilisée n’a pas permis aux éléments des FAFN, confrontés à une crise interne depuis le mois de Juin dernier, entre éléments proches de Koné Zakaria et ceux proches de WATTAO, de distinguer partenaires et adversaires. La suspicion et la peur règnent toujours au sein des forces nouvelles dans les camps militaires et dans toute la zone.

Pendant l’attaque de Séguela, le grand nombre des assaillants donnait à penser aux forces nouvelles que ces éléments sont venus d’un pays voisin. Notamment du Mali qui est toujours soupçonné d’être la base arrière des hommes à IB, depuis le départ du sergent pour l’exil.

C’est pourquoi le commandant de la zone de Séguela, Wattara Siaka dit Wattao, ne s’est pas embarrassé pour dire que  » les assaillants sont des éléments venus du Mali et sont les hommes du Sergent chef Ibrahim Coulibaly….« Pour lui ce, sont les ennemis de la paix mais cela ne va pas leur empêcher de sortir de cette crise. La ville de Séguela était restée bouclée des jours durant et les arrestations se sont longtemps poursuivies.

Pour rappel, cette zone est périodiquement en proie à des violences entre éléments des forces nouvelles, depuis l’exil de l’ex-commandant Koné Zakaria au Burkina, suite à sa révocation de son poste de Commandant de la zone 5. L’attaque du lundi dernier a occasionné la mort de 32 personnes, plusieurs dizaines de blessés, et l’arrestation de plusieurs autres.

De Gildas, Correspondant du Républicain à Abidjan

17 Décembre 2008