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Depuis le 3 septembre dernier nous avons déjà derrière nous les tractations au sujet de l’élection du président de l’Assemblée Nationale. D’ores et déjà, on peut affirmer que le fait majoritaire a triomphé. Le président de l’Assemblée Nationale Dioncounda Traoré qui avait le plus de chance de gagner a remporté la victoire. On ne dira pas que cela a été une surprise pour les observateurs avertis de la scène politique nationale, puisque son parti, l’Adéma a eu le plus grand nombre de députés à l’issue des élections législatives de 2007.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la victoire reste du côté de l’ADP, regroupement de la mouvance présidentielle. Il n’y a aucune ambiguité à cela même si, le jour de l’élection, deux candidatures avaient émergé de ce regroupement. Toute chose qui avait fait croire à certains que cette situation serait de nature à intoxiquer l’atmospère à l’ADP.

L’ADP, UN REGROUPEMENT SOUDÉ

Objectivement, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a rien eu de cela. En effet, à l’occasion de toutes les rentrées parlementaires on a au moins deux candidats qui s’affrontent et cela dans le respect du jeu démocratique. A l’ADP, il n’y a pas le feu en la demeure; on peut dire que lors de l’élection du président de l’Hémicycle, c’est le plus fort qui a gagné, surtout qu’il a été soutenu par plusieurs partis, y compris ceux appartenant au regroupement politique FDR, auquel l’ADP était opposé dans le cadre de la conquête du pouvoir, en particulier les élections présidentielles.

Le jeu des intérêts, c’est cela le socle de la démocratie, des prises de positions des partis et acteurs politiques. Nous le disions, l’élection du président de l’Assemblée Nationale qui ferme la marche du processus électoral de 2007 marque également le début d’une étape, celle s’inscrivant dans le cadre du repositionnement des partis vers le futur politique.

VERS LA SCISSION DES REGROUPEMENTS EXISTANTS

Avec la fin des élections générales de 2007, les différentes composantes de la classe politique vont inéluctablement vers la recomposition du paysage politique. C’est de là qu’on se demande généralement si les regroupements politiques qui ont été créés de façon circonstancielle vont encore se pérenniser.

A ce sujet, les probabilités sont maigres quand on sait qu’après toutes les élections générales, les grands ensembles sont atteints par le virus de la division en raison notamment des divergences d’intérêts sur le plan de la promotion des cadres. Car, le dit-on souvent, la politique n’est pas une fin en soi, elle doit servir les intérêts vitaux non pas des seuls acteurs politiques, mais de l’ensemble de la population.

LE REPOSITIONNEMENT DES ELECTEURS

Et de plus en plus, nous allons vers cette approche plus pragmatique de la conception de la politique. C’est d’ailleurs pourquoi ces dernières années, même les électeurs sont en train de changer leur comportement vis-à-vis des acteurs politiques. Les uns et les autres insistent davantage sur la probité morale des candidats, leurs acquis au plan social et économique, les relations développées dans son cadre de vie.

Toutes choses qui sont aujourd’hui des références, des critères de choix des candidats par les électeurs qui, en plusieurs circonstances ont eu le réveil brutal. On pourrait dire que c’est grâce à des choix judicieux que nous avons aujourd’hui à l’Assemblée Nationale des hommes et des femmes ayant accumulé de nombreuses expériences dans des domaines les plus variés.

RECOMPOSITION DU PAYSAGE POLITIQUE

Au fil du temps, il se développe des synergies entre les différents représentants des partis et du peuple qui aboutiront à coup sûr sur des convergences de vues et d’approches stratégiques susceptibles de les rapprocher pour les perspectives politiques. C’est effectivement à partir de là que se développent des liens plus étroits entre les partis qui déboucheront sans doute sur des alliances politiques ou électorales. Tout dependra du moment où ces contacts se nouent.

Ainsi, nous sommes aujourd’hui à un stade du processus démocratique assez particulier car, il s’agit du dernier mandat d’ATT. Ainsi, tout en soutenant l’action gouvernementale, les partenaires du président de la République ont déjà à l’esprit des approches pragmatiques pour se projeter dans 2012. Les différentes composantes de la classe politique sont ainsi en train de se jauger.

Ce que l’on pourrait cependant dire, c’est qu’il y a la confusion généralisée qui refait surface. Doit-on continuer à croire à l’existence de deux regroupements politiques distincts: l’ADP et le FDR? Il semble que non, que cette époque est revolue, puisque c’était pour la cause des élections générales de 2007.

Ainsi, à la manière des autres regroupements qui existaient, bientôt on dira adieu à l’ADP et au FDR. Consécutivement à cela, chaque parti se repositionnera en fonction de ses convictions et aussi de ses intérêts en vue de travailler à la conquête du pouvoir dans un futur proche, comme cela est la vocation primaire des partis politiques.

Moussa SOW

06 septembre 2007.