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A peine la feuille de route du Gouvernement rédigée, le Premier ministre a pris l’avion pour Ouagadougou où se joue visiblement son destin. En cette veille de formation d’un gouvernement d’union nationale

Les consultations ont commencé depuis plusieurs jours pour l’élargissement du gouvernement. Selon nos informations, les formations politiques rassemblées en différents regroupements se concertent activement pour proposer des noms de ministrables à soumettre au président de la transition, comme recommandé par le dernier sommet de Ouagadougou.

Au niveau du FDR, une commission a été mise en place, présidée par Me Kassoum Tapo pour échanger avec les partis membres afin de recueillir leurs propositions pour en faire une synthèse à soumettre au président Dioncounda Traoré, en convalescence à Paris, après son agression, le 21 mai 2012 au palais de Koulouba.

D’ores et déjà, les responsables du FDR, contactés par nos soins, estiment qu’au lieu d’aller à un simple élargissement de l’équipe du Dr Cheick Modibo Diarra, il faut mettre en place un nouveau Gouvernement, avec à sa tête un homme à poigne, capable de faire face rapidement aux défis du moment. En clair, le FDR, a laissé entendre son secrétaire politique, Amadou Koïta, souhaite que l’actuel Premier ministre soit remercié.

Pour les responsables du parti SADI et du MP 22, il n’y a pas lieu de parler d’un nouveau gouvernement ou de l’élargissement de l’actuelle équipe sans une convention nationale des forces vives du pays. Pour eux, nous a expliqué le secrétaire administratif du parti SADI, Nouhoum Kéita, c’est cette concertation nationale qui doit évaluer l’action du Premier ministre et décider s’il doit continuer ou s’il faut le remplacer par un homme nouveau.

De l’autre côté, les responsables de la Convergence pour sauver le Mali (CSM), soutiennent le Gouvernement et souhaitent que Dr Cheick Modibo Diarra poursuive sa mission à la primature pour les efforts qu’il a fournis dans le but de sortir le pays de la crise.

Il faut reconnaître que la question du maintien ou non du chef du gouvernement se pose avec acuité au sein des états-majors politiques mais aussi chez les dirigeants de la CEDEAO. Il semble que le président Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, Yayi Boni du Bénin et Blaise Compaoré du Burkina Faso ne soient pas chauds à l’idée de reconduire l’ex-navigateur interplanétaire malien à la tête du gouvernement d’union nationale.

C’est ce qui explique la visite que ce dernier a rendue le 17 juillet au président burkinabé à Ouagadougou. Dans la capitale du pays des hommes intègres, il a eu des échanges avec Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, Blaise Compaoré. Au centre des entretiens entre les deux personnalités « les derniers développements de la situation dans notre pays ».

Le Premier ministre a également fait part de « sa décision de proposer une large ouverture à toutes les forces vives du pays pour la reconquête du Nord du Mali et une transition apaisée », indique un communiqué du ministère de la Communication, de la poste et des nouvelles technologies. Sa visite est intervenue au lendemain de la publication de la feuille de route du gouvernement pour la Transition. Un document qui a été présenté le 16 juillet dernier aux représentations diplomatiques et consulaires accréditées au Mali.

En élaborant cette feuille de route, réclamée avec insistance ces dernières semaines par plusieurs partenaires du Mali, le Premier ministre vient de marquer un petit point en faveur de sa reconduction à la tête du Gouvernement dont l’élargissement n’est qu’une question de jour. « Je viens voir le médiateur, non seulement pour lui remettre, comme cela a été demandé, une feuille de route, mais aussi m’entretenir avec lui sur tous les points de recommandations » du sommet ouest-africain du 7 juillet à Ouagadougou sur le Mali, a déclaré le chef du gouvernement à son arrivée à l’aéroport de Ouagadougou.

A l’issue d’un entretien de deux heures au palais présidentiel avec Blaise Compaoré, Cheick Modibo Diarra a confirmé avoir discuté avec le médiateur de la « feuille de route de la période de transition » d’un an, mais aussi de la prochaine « formation d’un gouvernement d’union nationale », sans donner davantage de précisions.

Ce déplacement de M. Diarra à Ouaga intervient au lendemain d’un discours radiotélévisé à Bamako dans lequel il a promis la formation prochaine d’un gouvernement d’union nationale, comme l’a exigé la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) lors de son dernier sommet à Ouagadougou. L’organisation régionale a donné aux autorités de la Transition jusqu’au 31 juillet pour former ce gouvernement, sous peine de sanctions.

« Les experts militaires de la Cédéao sont en ce moment en train de travailler avec l’armée malienne pour faire une espèce d’audit de cette armée. Et donc, en fonction des résultats de l’audit, il va falloir que nous puissions écrire des requêtes très précises pour les Nations unies, l’Union africaine et la Cédéao« , a ajouté le Premier ministre.

Selon certains analystes, pour ne pas donner l’impression d’un nouveau recommencement, il faut donner la chance à l’actuel chef du gouvernement de continuer sa mission à la primature avec des instructions claires de faire diligence pour respecter dans les délais sa feuille de route.

BDS

19 Juillet 2012