Partager

L’avenir du Mali est désormais suspendu au glaive d’IBK. Il a pour mission de répondre aux attentes des Maliennes et des Maliens qui l’ont élu président de la République, faute d’autre candidat incarnant l’autorité dont le pays a besoin et par nostalgie. Pour ce faire, il devra absolument se démarquer des jeux politiciens d’une classe politique sans entrain. Comme il l’a fait, dans les dernières heures de sa campagne avec les militaires et les religieux.

D’abord, concernant ses rapports avec les militaires, particulièrement avec l’ex-junte, IBK a été on ne peut plus clair : «Sanogo ? On a voulu me faire passer pour un proche. Mais je ne suis pas stupide pour me laisser compromettre avec les militaires putschistes !», a-t-il déclaré à la presse. Pour ce qui est de ses affinités avec la sphère des religieux, il reconnait en eux un électorat d’une grande influence mais jure cependant que le «bonheur des Maliens se trouve dans la laïcité».

Le nouveau président de la République ne doit, en aucun cas, tomber dans le piège de la classe politique malienne. Laquelle ne représente en rien la possibilité d’une alternance politique: elle n’envisagera jamais l’existence du pluralisme politique qui est une des bases de la démocratie. Ainsi, les politiciens maliens, pour n’avoir pas pu proposer un nouveau cours à la politique nationale ont hissé IBK au sommet.

C’est à lui, pour le bien du Mali, de se méfier de tous ces partis et leaders politiques qui, soudainement l’aiment, l’adorent et le soutiennent dans ses actions. Il devra faire attention à cette classe politique qui, du jour au lendemain, dans sa quasi-totalité, s’est ralliée à lui.

Il va falloir qu’il évite à tout prix d’être le pantin de cette classe politique, qui a pris ses racines et mûri dans la facilité, l’entraine dans un pilotage à vue d’un pays fragilisé. IBK doit être prudent face à ses opportunistes qu’il appelle lui-même «des politiciens à la petite semaine». Ces politiciens qui ont dit de lui, à la veille du second tour, que« les Maliens ne voudront sûrement pas d’un président islamiste (…), IBK venait chez nous et on lui donnait des livres pour qu’il aille s’instruire. On se connait trop.

On sait qui est l’ennemi de la démocratie, on sait qui connait la bouteille de whisky… » Et qui, 72 heures après, créent l’embouteillage devant le pont de Woyowayankô à 21heures pour se rendre chez IBK, avec clic et clac, pour le proclamer président de la République, avant l’annonce officielle des résultats ; et pour tourner un reality-show qui sert de bande annonce à une chaine de télévision.

C’est aussi eux qui ont dit, au lendemain du putsch : « Tout leader politique malien qui n’a pas condamné ce coup d’Etat est un anti constitutionnaliste » ; et qui, récemment sur RFI, déclaraient que «la composante militaire dont l’administration est un avatar, aussi certainement était partagée entre les deux camps.

Mais tout ça, ce sont des Maliens. Vous pensez vraiment que nous allions rejeter un vote parce qu’il serait religieux ou qu’il serait militaire ? Si l’ordre militaire de notre nation a manifesté sa sympathie pour un candidat, il n’y a pas de honte ou de faux-fuyant à avoir là-dessus». Où est la cohérence ? Bon Dieu !pour redémarrer, le Mali a besoin d’une bonne démocratie avec une opposition digne de ce nom.

Rokia DIABATE

15 Août 2013