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Profitant du meeting organisé par le Front pour la démocratie et la République (FDR) samedi dernier au centre international de conférence de Bamako, le président du FDR, Ibrahim Boubacar Kéïta a rectifié le tir à propos de la réélection sans surprise de Amadou Toumani Touré, président de la République. Mais ces propos n’ont pas manqué de provoquer la colère de certains responsables du front. Lesquels se disent surpris par les déclarations de leur président. Qui sont les mécontents ? Que lui repprochent-ils ?

Je mets en garde ATT contre toute tentative de tripatouillage des résultats électoraux. 2007 ne sera plus comme 2002 et nous n’accepterons plus qu’on vole notre victoire. C’est parce que je ne suis pas un va t-en guerre et ATT doit ses cinq ans d’exercice de pouvoir à moi.” Ces phrases de Mandé Mansa il y a seulement quelques mois à la faveur de la campagne électorale. Ces mots ne sont pas tombés dans l’oreille de sourd. Ainsi, les Maliennes et les Maliens ont vite compris les mauvaises intentions de l’homme autoproclamé “bourgeois”.

Dès lors, le peuple malien a bien découvert le vrai visage d’IBK avec ses promesses diaboliques et ses attaques personnelles à l’honneur et à la dignité du héros du 26 mars 1991, à sa femme et à ses enfants. Voilà ce qui explique son résultat médiocre avec 19,80%, très loin de celui qu’il considérait comme un dictateur démocrate. Ayant certainement tiré les leçons de ses propos au cours de la campagne électorale et bénéficier surtout des largesses du pouvoir pour les législatives, IBK a saisi l’opportunité qui lui a été offerte par le meeting du FDR samedi dernier, pour rectifier le tir.

C’est ainsi qu’on l’a entendu dire : “Nous reconnaissons ATT comme président de la République au regard de l’esprit républicain que nous avons et que nous privilégeons au FDR.” et plus loin : “je fais des bénédictions pour ATT afin qu’il ne puisse pas tomber dans le piège. Que Dieu le protège pour le bonheur du grand Mali”. Pour prouver à suffisance qu’il est plus démocrate et plus républicain, IBK va même jusqu’à se glorifier d’avoir été à la base de la consolidation et du sauvetage de la démocratie en 1994, après avoir succédé à deux premiers ministres démissionnaires et cela à la suite des troubles scolaires. “Bien que nous soyons convaincus qu’il s’est passé des choses anormales, injustes à l’occasion de la présidentielle du 29 avril dernier, nous n’allons pas dire Monsieur ATT mais M. le président de la République après le verdict de la Cour constitutionnelle.”, a t-il déclaré.

Cependant, certains des propos d’IBK n’ont pas été appréciés par l’un des responsables du FDR. Il s’agit de Blaise Sangaré. Au cours de ce meeting, selon des sources concordantes, les propos d’IBK ont agacé non seulement celui-ci, mais aussi certains responsables du RPM. Comme si cela ne suffisait pas, on explique que la représentante des femmes du front, Mme Sissoko Awa Coulibaly se serait elle indignée elle parce que surprise par les propos d’IBK qui s’est laissé emporter en disant : “Il y a des victoires qui font honte et des défaites qui font honneur.”

Mais la représentante des femmes du front devrait avoir le courage de dénoncer les prises de position de son président. Sans oublier les piques lancées par les sbires et marionnettes d’IBK. C’est à contre coeur que le président de la jeunesse FDR, Moussa Balla Diakité a salué le courage d’IBK face à certains responsables qui sont dans la logique de violence. Cela est d’autant plus vrai quand on sait que la jeunesse du FDR avait promis de mettre le pays à feu et à sang si IBK ne gagnait pas les élections présidentielles, en oubliant qu’il est issu du Parena, qui avait investi Tiébilé comme son candidat.

Sadou BOCOUM

22 mai 2007.