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La rébellion est un phénomène qui a duré au Mali depuis la reprise des hostilités à la veille des élections générales de 2007. Il n’y a eu qu’une courte période d’accalmie avant que les attaques ne se multiplient un peu partout sur le territoire national.

Ces derniers temps, à la faveur des opérations de ratissage de l’armée et des efforts de médiations, l’espoir renaît quant aux perspectives d’une paix durable dans le nord du pays.


Le rappel des faits

La panique fut généralisée dans les régions nord du pays. Il aura fallu beaucoup d’efforts, de retenu et de négociations pour que les attaques se réduisent. Mais, la quiétude a pris du temps à revenir. Le président de la République qui a privilégié dès le début la gestion de la rébellion par le dialogue et la concertation dans un esprit de discernement a mis du temps à ramener les rebelles à la raison.

Même après la signature de l’accord d’Alger que certains ont critiqué, estimant que le pacte national était déjà là pour prendre en compte toutes les préoccupations des habitants des régions du nord, les bandits armés ne voulaient rien entendre, comprendre. Avec l’option prônée, les autorités du pays ont poursuivi les négociations qui ont duré sans donner de résultats satisfaisants.

Alors, il fallait réagir, mais avec méthode pour que les bandits armés, qui se croyaient en terrain déjà conquis se ressaisissent. Au même moment, les négociations se poursuivaient. Ainsi, les représentants de plusieurs communautés touarègues ont été mis à contribution pour faire de la médiation afin que la paix reviennent dans le nord du Mali. Même à ce niveau, il a fallu du temps pour que les appels et conseils soient entendus par les bandits armés.

L’adhésion salutaire des groupes

La conjugaison de tous ces facteurs a permis de dissuader les rebelles dans la poursuite de leurs hostilités contre leurs propres frères. La conséquence la plus grave de cette pratique est le recul enregistré par rapport aux investissements programmés dans les régions nord du pays. Et depuis, progressivement, des groupes adhèrent au cessez-le-feu, rendant ainsi leurs armes.

La poursuite de cette tendance est un motif d’espoir pour les Maliens, notamment les habitants des régions du nord qui aspirent au développement de leurs localités. Tant que les attaques ne cesseront pas, les partenaires au développement seront quelque peu réticents au sujet de la mise en oeuvre des projets et programmes.

L’impatience pour la reprise des actions de développement

C’est malheureusement ce qui est arrivé ces derniers mois, retardant ainsi la mise en œuvre des actions de développement. Le constat est amer quand on sait que les populations sont impatientes quant à la réalisation des programmes et projets devant conduire à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Les communautés qui se sont investis dans ces négociations, de même que le médiateur algérien sont à saluer pour l’accomplissement d’une mission combien noble, humanitaire et particulièrement bien saluée au sein de la communauté internationale. De même, les autorités maliennes et tous les Maliens épris de paix se réjouissent de cette évolution de la situation dans le septentrion malien.


La problématique de l’intégration des rebelles

Qu’à cela ne tienne, la tache s’est amoindrie, mais il reste à faire beaucoup dans le sens du suivi de cette évolution. Ne dit-on pas souvent que la nature a horreur du vide? A notre avis les troupes ne doivent pas se rétirer jusqu’à ce que l’opération en cours de dépôt des armes prenne fin.

Après, commencera une étape non moins importante : celle de la réinsertion des combattants. A ce niveau, il semble qu’on n’ait pas parlé de tri. Route chose qui exige de la vigilance et surtout un bon encadrement des nouvelles recrues afin quelles renoncent aux attaques contre leurs frères, leurs compagnons d’armes.


Une préparation psychologique s’impose

L’introduction de la culture du patriotisme s’impose afin que tous aient à l’esprit que le Mali est un et indivisible, que nous avons tous un destin commun, celui de bâtir la patrie pour notre bonheur et celui de la postérité.

Il faut que tous s’engagent dans cette voie pour donner de la chance de parachever les chantiers ouverts et de mettre en oeuvre d’autres qui sont programmés dans l’intérêt de tous les Maliens sans distinction de race, d’ethnie, d’obédience religieuse ou de provenance et ce, conformément à la constitution de la République du Mali.

L’heure est à l’unisson pour faire face aux contraintes

C’est dans ces conditions qu’il fera bon vivre au Mali, que nous aurons la possibilité d’exploiter au maximum les immenses potentialités du pays. C’est à cela que s’attèlent tous les autres pays dans le contexte actuel de crise financière et d’austérité économique au plan internationale.

Les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles à travers le monde avec la succession de crises, celle financière n’a même pas épargné les Etats-Unis, cette grande puissance économique.

L’heure est à la recherche de la multiplication des opportunités de développement non seulement pour résister au cycle infernal de crises qui secouent le monde, mais profiter de cette situation pour transformer nos difficultés en atouts. Or, sans paix, tous les efforts vers cette option seront vains.

Ainsi, nous devons nous donner les moyens de profiter au maximum des chances que la nature nous a offertes.


Moussa SOW

20 Février 2009