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Après le Coup d’État militaire perpétré par la junte le 22 mars dernier, la classe politique et la société civile malienne sont en pleine ébullition. Ce coup de force a engendré la naissance de plusieurs fronts politiques, mouvements et regroupements.

Le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), sous la houlette d’Oumar Mariko, regroupe partis politiques, autres organisations de la société civile et mouvements associatifs et soutient la junte militaire, tout comme la Convergence patriotique pour la défense du Mali (CPPDM). Le Front pour la sauvegarde de la Démocratie et la République (FDR), qui englobe d’autres formations et la société civile également rejette en bloc le Coup d’Etat avec l’Alliance des démocrates patriotes pour la sortie de crise (ADPS). Tous ces regroupements ont un trait commun, sauf le MP22, qui a applaudi le Coup d’Etat.

Ils ont tous condamné le putsch et ont appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Depuis, on assiste à des démonstrations de force, pour ne pas dire à une guerre de positionnement. Chacun veut faire croire qu’il a la majorité du peuple avec lui. Visiblement, ce peuple, les partis politiques, les associations et la société civile sont divisés par ce Coup d’Etat. Avec, en toile de fond, la traditionnelle division entre les deux principales centrales syndicales de notre pays, la CSTM et l’UNTM. C’est tout le corps social qui est divisé. Il est vrai que, par principe, dans un pays démocratique comme le nôtre, un Coup d’Etat ne saurait être un moyen licite pour arriver au pouvoir.

Mais, maintenant que le coup est consommé, il faut en prendre acte et appeler les Maliens à l’union sacrée autour de cette situation. La classe politique devrait se forcer à dépasser ses intérêts égoïstes pour sauver l’essentiel, le Mali. A ce titre, elle doit tout faire pour éviter des affrontements, car nous n’en avons nullement besoin actuellement. Il faut former un front commun pour faire face à la situation et obliger la junte militaire à aller au front, au Nord.

Le 26 mars dernier, le FDR a tenu un meeting, pour faire une démonstration de force. Il a été suivi par la Convergence patriotique pour la défense du Mali (CPPDM), un autre mouvement de la société civile, composé de la CSTM, du SYLIMA, du Mouvement N’KO, du SYNACODEM, du Forum pour un autre Mali, du Groupement des commerçants du Mali, de l’AMSUNEM, de la Section syndicale de la Police Nationale, du COSES et de l’ADJ, entre autres.

Vouloir obliger la junte à aller au front risque de provoquer des affrontements. Il faut le dire tout de suite, cette situation ne servira pas notre pays. L’urgence, c’est de faire face et de trouver des solutions pour sortir de cette crise. La classe politique, si elle défend l’intérêt du pays, devrait se regrouper au sein d’un front unique, pour dialoguer et négocier avec les putschistes. C’est seulement comme cela qu’elle peut l’obliger à revenir à l’ordre constitutionnel.

Dans tous les cas, la classe politique malienne est en grande partie comptable de ce qui vient de se passer. Pendant 10 ans, elle a refusé de jouer son rôle de contrôle et d’alerte et s’est même mise à plat ventre devant ATT, l’indépendant devenu le puissant Président.

Conséquence, il faisait tout ce qu’il voulait, sans rencontrer aucune opposition. Méditons l’exemple contraire du Sénégal, où le fils spirituel de Wade, Macky Sall, après s’être opposé à celui-ci, a créé son propre parti et est devenu Président de la République.

Youssouf Diallo

29 Mars 2012