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En l’absence de leur homologue guinéen, les Généraux Kafougouna Koné, Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et Sadio Gassama de la Protection Civile et de la Sécurité Intérieure, ont rencontré les populations de Yanfolila dans la salle de conférences du Conseil de Cercle de Wassoulou Ballé, pour leur témoigner le soutien du Président de la République, Amadou Toumani Touré et leur expliquer, par la même occasion, que les autorités maliennes sont décidées à tirer cette affaire au clair.

Après l’attaque du village de Siradiouba, le mardi, 6 novembre 2007, par des assaillants venus des villages de Dalakan et de six autres localités de la Guinée voisine, les autorités maliennes approchées par leurs homologues de la Guinée devaient se rencontrer au Wassoulou le 16 novembre dernier. Mais, à la dernière minute, le ministre guinéen de l’Administration du Territoire n’a pas fait le déplacement, au motif qu’il devait effectuer une sortie de terrain avec son Premier ministre.

Finalement, c’est la date du 23 novembre 2007 qui a été retenue pour la tenue de la rencontre. Laquelle pourrait être celle de toutes les vérités entre Maliens et Guinéens à propos de la gestion de la frontière entre nos deux pays. En l’absence de leur homologue guinéen, les Généraux Kafougouna Koné, Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et Sadio Gassama de la Protection Civile et de la Sécurité Intérieure, ont rencontré les populations de Yanfolila dans la salle de conférences du Conseil de Cercle de Wassoulou Ballé, pour leur témoigner le soutien du Président de la République, Amadou Toumani Touré et leur expliquer, par la même occasion, que les autorités maliennes sont décidées à tirer cette affaire au clair.

Le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales a déclaré que ce conflit, qui date depuis 1969 et qui vient de se dégénérer en attaques meurtrières, connaîtra, à l’issue de la rencontre du 23 novembre prochain, une solution définitive. Il faut ajouter que toutes les attaques perpétrées de 1969 à nos jours, l’ont toutes été sur le territoire malien et les terres cultivables, qui sont sources de conflits, sont sur le sol malien. Par ailleurs, il ne devait pas y avoir de conflit entre populations de Siradiouba et de Dalakan, d’autant plus que le fleuve Sankarani sépare les deux villages et par la même constitue de ligne frontalière naturelle depuis le temps colonial.

La rencontre du 16 novembre 2007 à Yanfolila a été l’occasion pour les deux émissaires du Gouvernement de présenter les condoléances du Président Amadou Toumani Touré, du Premier Ministre, Modibo Sidibé et de toute la nation malienne aux familles des victimes. Cette rencontre qui a réuni près de 200 personnes, a permis aux Généraux Kafougouna Koné et Sadio Gassama de rassurer les cœurs meurtris des populations du Wassoulou du soutien total du chef de l’Etat et des autorités du Mali aux populations de Yanfolila après cette agression qui a coûté la vie à cinq personnes dont un gendarmes, avec 14 blessés graves, 34 cases brûlées, 19 greniers et leurs contenus détruits, plus de 90 bœufs enlevés et 9 autres abattus.

Cette affaire ne restera pas sans suite, a déclaré le Général Kafougouna Koné. Le Gouvernement du Mali ne laissera jamais tomber les Maliens partout où ils se trouvent sur le territoire du Mali. Tout en déplorant l’agression du village de Siradiouba par des Guinéens venus de Dalakan et de six autres villages frontaliers de la Guinée, le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales a expliqué que cette attaque a surpris les autorités maliennes, qui ne s’attendaient pas un tel comportement de la part de nos voisins guinéens après la rencontre de Sélingué où les deux gouvernements étaient convenus à mettre tout en œuvre pour combattre ensemble l’insécurité le long de notre frontière commune.

Dans les points d’accord du 4 août dernier à Sélingué, autorités maliennes et guinéennes étaient convenues d’organiser des patrouilles conjointes qui devraient regrouper militaires maliens et guinéens pour assurer la sécurité de nos populations frontalières et garantir, par là même, la sécurité de leurs biens. Le Général Kafougouna Koné a demandé aux populations de ne pas se faire justice elles-mêmes et de laisser le Gouvernement gérer cette affaire. Il a déclaré qu’un des points d’accord de la rencontre de Sélingué portait sur le bornage de la frontière Mali-Guinée.

En parlant du bornage de la frontière Mali-Guinée, le Général Kafougouna Koné répondait ainsi à la question d’un habitant de Siradiouba, qui se demandait; si le village de Siradiouba était réellement une partie du territoire malien. Le village de Siradiouba est, bel et bien, malien, a poursuivi le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales. Le Mali ne cédera aucun centimètre de son territoire à quiconque et le Gouvernement du Mali veillera à garder jalousement l’intégrité territoriale de la nation malienne, a ajouté le Général Koné.

Le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales dira qu’au lendemain de l’agression du village de Siradiouba, il eu à échanger avec son homologue guinéen, lequel lui a témoigné le regret du Gouvernement de son pays et qui lui a assuré l’aide totale des autorités de la République sœur de Guinée à faire en sorte que la paix sociale, le dialogue et le bon voisinage puissent être les maîtres-mots et les maîtres comportements entre populations frontalières de nos deux pays. Au cours de cette rencontre, le ministre Kafougouna Koné a pu convaincre les populations de Siradiouba, de Yanfolila, entre autres, en leur expliquant que la guerre n’est pas la solution pour gérer un conflit. Le Ministre Koné a affirmé que les dégâts causés par cette attaque sont considérables mais que le Malien, est connu pour sa tolérance et son sens de la compréhension.

Après cette rencontre, les deux ministres, en compagnie du Gouverneur de la 3ème région, du chef d’Etat Major de la Garde Nationale, du Directeur Général de la Gendarmerie et d’une forte délégation ont rendu visite aux populations de Siradiouba. Sur place, les deux membres du Gouvernement et leur délégation ont visité les cases brûlées et constaté la destruction des greniers et surtout l’abandon des champs au stade des récoltes à cause de la psychose sécuritaire bien compréhensible des population locales après cette attaque.

Le constat fait ressortir que le village de Siradiouba pourrait être menacé de famine, toute chose qui a amené le Général Kafougouna Koné à demander à M. Guirrou, sous-préfet de Guélénikoro, à recenser le plus rapidement possible les besoins des populations en vivres, aux fins de prévenir à une quelconque famine dans le village.

Par ailleurs, le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales a demandé au sous-préfet de faire le devis pour deux muni forages pour pallier au besoin en eau potable du village de Siradiouba. Quant aux hommes en uniformes installés à Guélénikoro et à Siradiouba dans deux camps, les Ministres leur ont assuré que tout sera mis en œuvre pour les mettre dans les meilleures conditions de travail.

A Siradiouba, à longueur des journées presque, tous les hommes sont actuellement munis d’un fusil de chasse,qu’il soit de fabrication occidentale ou artisanale, peu importe, il faut avoir sur soi une arme à feu un point c’est tout. Face à ce phénomène, le Général Kafougouna Koné a déclaré que, le port des armes par les populations n’est pas la solution. Il a souhaité que les populations rangent leurs armes dans les maisons et laisser la gestion de leur sécurité aux gendarmes, militaires et gardes.

A la fin de la visite, le Général Kafougouna Koné a remis une enveloppe au chef du village de Siradiouba, Seydou Demba Sidibé, ce en attendant le ravitaillement de la localité en céréales pour parer à toute crise de famine.

Zhao Ahmed BAMBA Envoyé spécial à Yanfolila

21 novembre 2007.