Partager

Le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui sera investi aujourd’hui président de la République par intérim devra démissionner, en plus de son poste de député, de la présidence de l’ADEMA-PASJ également. Tout cela avant ou après avoir pris fonction à la tête de l’Etat. Qui maintenant pour présider aux destinées de la ruche ?

Si c’est l’avocat Me Kassoum Tapo, député élu à Mopti, qui se positionne pour briguer la présidence de l’Assemblée nationale, personne ne sait pour le moment celui qui va prendre les rênes du parti de la ruche, après le départ de son président, Dioncounda Traoré. C’est vrai que plusieurs cadres du parti n’avaient pas envisagé une démission de Dioncounda Traoré de la tête du parti même au cas où il partait présider aux destinées de la nation.

C’est l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui est venu réveiller ces cadres de leur logique erronée tendant à faire croire que pour quarante jours seulement au poste de président intérimaire, le président de l’ADEMA pouvait revenir regagner paisiblement son fauteuil au terme de son mandat présidentiel. Alors que l’article 34 de la Constitution qui dispose : « Les fonctions de président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat ou de tout emploi public, de toute autre activité professionnelle et lucrative ».

Selon certains observateurs, l’ADEMA choisira certainement de laisser le premier vice-président, Ibrahima N’Diaye dit Iba, gérer le parti jusqu’au prochain congrès initialement prévu (avant le coup d’Etat) aux termes des élections présidentielle et législatives de 2012. Ce qui n’est désormais plus envisageable. Car serait ouvrir la boîte à Pandore quand on sait que la ruche n’a jamais été autant si proche du feu. Même s’il est vrai que la brève période que son désormais ex-président ira faire au palais de Koulouba rénové (les travaux étant déjà en cours), pourra être mis à profit pour une accalmie dans les ambitions.

Surtout que la détention des ministres ADEMA (ni l’URD ni le RPM n’ont de ministres détenus) a été mal ressentie par certains qui l’ont considérée comme un parti pris. C’est dire qu’un congrès extraordinaire pour pourvoir au poste de président de l’ADEMA n’est pas à l’ordre du jour. La ruche ayant d’autres chats à fouetter en ces moments d’incertitude pour la candidature de Dioncounda Traoré à la prochaine élection présidentielle.

Mamadou Fofana

12 Avril 2012