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Dans un communiqué publié le lundi 28 mai, le gouvernement malien assure qu’une «cinquantaine de personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête ouverte suite à l’agression» du «président de la Transition Dioncounda Traoré, le 21 mai 2012, alors qu’il se trouvait dans son bureau».

Si la liste n’a pas été fournie, les autorités ont tout de même précisé que «certaines de ces personnes ont été mises à la disposition de la justice qui statuera sur leur cas conformément à la loi en vigueur». Selon nos informations, les personnes placées sous mandats de dépôt auraient participé à la manifestation qui a abouti à l’agression du chef de l’Etat. Parmi elles, certains avaient pu rencontrer le président Traoré pour lui signifier les motifs de la manifestation : son départ après la période intérimaire qui s’épuisait le 22 mai.

Le bal des interpellations avait été lancé quatre jours après l’agression. Le président de la Coordination des organisations des patriotes du Mali (COPAM), Hammadoun Amion Guindo, et des responsables d’autres mouvements politiques affiliés à ladite organisation notamment le Pr. Younouss Hamèye Dicko et Me Mamadou Gakou ainsi que le guide spirituel de la communauté Soufi, Cheick Soufi Bilal Diallo, ont été les premiers à être entendus, le 24 mai, par l’inspection de la gendarmerie. Ce groupe sera élargi à Me Mariam Diawara, et le Dr. Oumar Mariko le lendemain. Ces personnalités politiques ont toutes été libérées après de longues auditions qui ont duré plusieurs heures.

«L’enquête se poursuit et toute la lumière sera faite sur cette affaire», a souligné le gouvernement.

La «clémence» des médias sollicitée

Dans un second communiqué, le gouvernement se dit éprouver par certains médias qui «contribuent à entretenir et même à prolonger la crise que traverse le Mali par des propos ou des écrits incendiaires». «Dans cette phase cruciale de notre histoire, nous avons besoin d’un sursaut individuel et collectif pour nous concentrer sur la situation qui prévaut dans le Nord occupé par des groupes irrédentistes et terroristes», explique-t-il, attirant l’attention sur des «dérives» qu’il ne saurait accepter ni tolérer».

«Comme dans tout état de droit, la loi sera appliquée dans toute sa rigueur pour aider à préserver la liberté de presse et l’exercice professionnel du métier de journaliste dans notre pays», a averti le ministère de la communication qui appelle les «médias» à «s’insérer dans la promotion du dialogue et de la cohésion sociale à travers une information professionnelle».

Seydou Coulibaly

Le 29 Mai 2012

© AFRIBONE