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La nomination du Premier ministre qui aura les pleins pouvoirs pour diriger la transition était un acte attendu par tous les Maliens pour que le pays résolve au plus vite ses problèmes dont le prioritaire reste la reconquête des villes occupées par la rébellion.

L’astrophysicien malien de renommée internationale Cheick Modibo Diarra a été désigné Premier ministre de transition. Tous les regards sont désormais tournés vers le gouvernement qu’il aura à former pour faire face aux tâches immenses qui attendent le pays ; à savoir : la reconquête des villes du Nord sous occupation des rebelles, l’organisation d’élections libres et transparentes, mais aussi résoudre des problèmes comme l’approvisionnement des populations en denrées de première nécessité, la restauration de l’école et de la sécurité publique.

Même si ces derniers problèmes sont de second ordre, il n’en demeure qu’ils sont des maux auxquels le gouvernement doit s’attaquer. La capacité de Dioncounda Traoré et son Premier ministre à faire face aux problèmes de l’heure dépendent de la compétence des hommes et des femmes qu’ils auront à choisir.

La priorité de l’heure étant la résolution de la crise au nord, Dioncounda, son nouveau Premier ministre et son gouvernement auront fort à faire pour tenter de dialoguer avec les groupes armés qui occupent le Nord. Certes des premiers contacts ont été pris avec certains de ces mouvements depuis l’investiture de Dioncounda Traoré. Si le dialogue échoue, ce dernier leur a promis « une guerre totale et implacable ».

L’’émissaire, Tiébilé Dramé, a déjà rencontré en Mauritanie des dirigeants du MNLA et d’Ançar Eddine. Ces premiers contacts « officiels » sont qualifiés partout de « positifs » en attendant la poursuite des négociations sous l’égide du Premier ministre de transition Cheick Modibo Diarra. La nomination du PM devra de toute évidence donner un coup d’accélérateur au processus de négociations malgré que la multiplicité des groupes rebelles mais surtout la divergence dans les revendications.

Si les négociations pourraient être très simples avec le MNLA qui revendiquent une indépendance et dont un responsable estime que cette indépendance pourrait se négocier dans le cadre d’une fédération du Mali, elles seront probablement plus tendues avec Ançar Eddine. Celui-ci réclame l’application de la charia dans le pays. De plus, il semble en position de force sur le terrain sur ses concurrents du MNLA.

« Entre frères musulmans, on peut arriver à s’entendre. Mais il ne faut pas que les non-musulmans se mêlent de nos problèmes », a déclaré dimanche Oumar Ag Mohamed, un proche d’Iyad Ag Ghali, le leader du groupe islamiste, selon Jeune Afrique.

De toutes les façons, le président de la République Dioncounda Traoré lors de son investiture avait prôné le dialogue. « Mais si la guerre s’avère la seule issue, nous la mènerons de façon totale et implacable », avait-il déclaré. Sans ambages.

Denis Koné

18 Avril 2012