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Depuis le 29 octobre dernier, ils sont libres ; libres de leurs mouvements après trois ans de capture et de détention par les djihadistes. Il s’agit bien des otages français d’Arlit qui travaillaient au Niger dans la société AREVA : Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret. Après donc leur libération, que va maintenant faire la France qui les cherchait depuis, bien avant l’intervention française à travers l’opération Serval pour libérer le Nord du Mali qui était sous occupation ?

Cette question a toute son importance, surtout quand on sait qu’avec l’intervention salutaire de la France sous la coupole de l’opération Serval, puis de la Misma transformée plus tard en forces Minusma, notre pays a frôlé la catastrophe.

En fait, c’est le Mali qui était menacé dans son existence même, après la prise par les djihadistes et autres groupes armés des trois régions du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal et le cercle de Douentza) et leur avancée fulgurante vers le Sud pour en découdre définitivement avec le pouvoir central de Bamako. Fort heureusement, sur appel au secours de Dioncounda Traoré, alors président par intérim de la République du Mali, la France de François Hollande a su intervenir promptement pour mettre fin aux velléités machiavéliques de ces terroristes, rebelles et apatrides.

Ainsi, le Mali a pu reconquérir l’ensemble de son territoire national. Mais, le hic dans cette histoire, c’est qu’après la reconquête des trois régions du Nord, la région de Kidal était devenue un «cas» et l’est encore avec ce que certains appelaient «le double jeu de la France». En effet, le pays de Hollande qui cherchait ses quatre otages aux mains des djihadistes, était réticente à l’entrée à Kidal des forces armées maliennes, préférant amadouer les rebelles armés afin d’avoir gain de cause.

Et la suite, on la connaît : même entrées à Kidal, nos forces armées et de sécurité n’avaient pas la liberté d’action. Pour certains observateurs de la scène malienne, au lieu que ces rebelles soient cantonnés, ce sont plutôt nos forces armées et de sécurité qui sont «cantonnées», le Mnla et ses alliés pouvant vadrouiller comme ils veulent en procédant aux attaques ciblées et aux kamikazes.

Maintenant que la France a eu gain de cause, que va-t-elle faire ? Rompre définitivement avec le Mnla et ses alliés pour laisser libre cours à l’armée malienne afin qu’elle sécurise pour de bon la région de Kidal ? Les jours et mois à venir nous édifieront.

Youma

Le Pouce du 01 Novembre 2013