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C’est la question qui brûle aujourd’hui toutes les lèvres, et à laquelle les observateurs politiques tentent d’apporter une réponse, depuis la dernière configuration de l’Assemblée nationale relative à la constitution des groupes parlementaires, le 21 septembre 2007.

Ainsi, ces observateurs se basent sur la force des différents groupes parlementaires pour deviner les partis ou groupements politiques qui doivent faire parti du nouveau Gouvernement.
En effet, selon les textes, le premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, est tenu d’attendre la fin des travaux de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, notamment la mise en place du bureau, pour présenter sa démission.

Cette démission de l’équipe de“Pinochet”- en principe, attendue par les Maliens dans les prochains jours- entraînera celle de tous les ministres, en vue de la formation d’un nouveau Gouvernement.

Aussi, les 147 députés de l’Assemblée nationale, réunis en séance plénière le lundi 24 septembre 2007, ont mis en place ledit composé de 18 membres. Et la configuration parlementaire à l’Assemblée nationale se présente en 8 groupes repartis entre l’Adéma (46 députés), l’URD (29), les Indépendants (24), l’Alliance pour la Consolidation de la Mouvance présidentielle (13), le RPM (11), le duo PARENA-SADI (9), le MPR (8), et le CNID (7).

Si tous les partis politiques sont concernés par ces groupes parlementaires, il faut constater, par contre, que tous n’ont pas été inclus dans le nouveau bureau de l’Assemblée nationale.

Il s’agit notamment du groupe parlementaire PARENA-SADI, qui a déjà affiché sa tendance pour l’opposition. Pourtant, sur les 18 postes parlementaires repartis, ces deux partis politiques n’en ont obtenu aucun, même si leur groupe parlementaire rassemble 9 élus, plus nombreux que ceux du MPR ou du CNID qui, avec 8 et 7 élus chacun, ont pourtant obtenu des postes au sein du bureau…

La formation du nouveau Gouvernement sera t-elle à l’image de la configuration de l’Hémicycle où les grandes formations politiques, en plus de pouvoir constituer chacune un groupe parlementaire, sont fortement représentées dans ledit bureau ?

Ainsi, les deux grands ténors politiques de la mouvance présidentielle, l’Adéma, l’URD, se sont taillés“la part des lions”, avec 5 postes chacun. Les autres partis politiques et les indépendants se partagent les dix postes restants, sans le PARENA et le parti SADI.

Ces deux partis absents du bureau de l’Assemblée seront-ils sollicités dans la formation du futur Gouvernement? Accepteront-ils seulement d’en faire partie ? Ou les a-t-on derechef relégués au chapitre de l’opposition, avec le risque, pour eux, de ne pas encore figurer dans le prochain bureau parlementaire prévu en octobre prochain?

Toujours est-il qu’il paraît paradoxal, sinon improbable, qu’une opposition soit dans le Gouvernement et joue un rôle qui consiste seulement à critiquer la gestion du pouvoir en place.

Le renouveau de l’action publique, c’est aussi un nouvel état d’esprit et un choix toujours plus rigoureux des femmes et des hommes. La prochaine équipe gouvernementale reflètera cette volonté. Elle sera resserrée autour des objectifs du PDES, avec des femmes et des hommes compétents, intègres et dévoués à la cause nationale…”, promettait le Président de la République, Amadou Toumani Touré, lors de la célébration du 47ème anniversaire de l’indépendance.

ATT voulait-il insinuer qu’il ne fera pas appel à ceux qui ne partagent pas sa vision pour le Programme de Développement Economique et Social (PDES) ? Dans tous les cas, beaucoup de politiques se reconnaîtront à travers cette déclaration du Président de la République.

Au vu de cette déclaration, jointe aux enjeux politiques évoqués, certains observateurs politiques devinent déjà la configuration du nouveau gouvernement qui sera bientôt formé.

propos de cette future configuration, certains observateurs estiment que le plus grand regroupement politique de la mouvance présidentielle, l’Alliance pour la Démocratie et la République(ADP), se taillera le plus grand nombre de portefeuilles ministériels.

Aux dires d’autres observateurs, l’ADP serait gratifiée d’au moins15 représentants dans la future équipe gouvernementale, le FCD y figurerait avec 5, et les autres postes restants reviendraient à ceux qui ne sont d’aucun bord politique.

Moussa TOURE

26 septembre 2007.