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Les victimes de la casse des maisons à Dianguinébougou et Nafadji, réunies au sein de l’Association « Dianguinébougou Wèrèda », ont marché le mercredi 7 janvier sur la mairie de la Commune I à Korofina pour réclamer leurs parcelles suite à la démolition de leurs maisons en août 2008.

En 2004, la mairie de la Commune I a mis une croix sur des maisons de Nafadji Dianguninébougou à casser. En août 2008, ces maisons ont été effectivement démolies, mais depuis plus rien en termes de compensation.

Lasses d’attendre, les victimes sont « descendues » sur la mairie. Selon le porte-parole de l’Association Dianguinébougou Wèrèda(ADDW), Bah Koïta, les autorités municipales leur avait dit que « ces terrains appartiennent à la mairie et que c’est une zone de recasement », alors que, ajoutera-t-il, lui et ses compagnons d’infortune ont eu le terrain avec un vieux cultivateur il y a de cela 25 ans.

« La mairie a refusé toutes négociations. Nous avons saisi la justice. Les preuves que la mairie a apportées pour démontrer que le terrain lui appartient avec des numéros de parcelles ont toutes été vérifiées au domaine chargé des terres qui a confirmé que le terrain de Nafadji n’est pas une zone de recasement. La justice a conclu que les parcelles que la mairie a montrées n’était pas celles de Nafadji, donc ne nous concernait pas. Malgré cela, elle a quand même démoli nos maisons » , a expliqué M. Koïta.

La marche de l’ADDW était soutenue par le Mouvement des sans voix et la Plate-forme des quartiers victimes des démolitions dans le district de Bamako.

Selon Tahirou Bah, un des responsables, la Plate-forme regroupe des quartiers comme Kognoumani, Yirimadio, Lafiabougou Bougoudani, Niamakoro, Sabalibougou et les déguerpis du stade 26-Mars. Elle a pour objectif de soutenir les pauvres personnes qui sont sans abri à cause de certaines mairies.

La Plate-forme des quartiers victimes des démolitions dans le district de Bamako est née d’une convergence avec l’ADDW pour lutter contre la spéculation foncière, les expulsions et les démolitions dans le district de Bamako.

L’association accuse le gouvernement d’être à la base des démolitions dont le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivité locales qui casse les maisons des pauvres au profit des hauts cadres de l’administration, de la justice, des commerçants spéculateurs et la bourgeoisie.

A en croire M. Bah, une marche sera organisée pour protester contre le régime policier du général Amadou Toumani Touré. Il a indiqué que la lutte continuerait jusqu’a l’atteinte des deux objectifs du mouvement, c’est-à-dire le retour pur et simple des victimes sur leurs terres et leurs dédommagements sans délai.

Aminata Traoré

(stagiaire)

09 Janvier 2009