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A coté de ces avancées notables, il reste aussi vrai que sur un tout autre côté, le pays accuse un grand retard. Il s’agit de l’émergence de télévisions privées.

Le déclic était intervenu par l’Ordonnance N° 92-037/P-CTSP portant autorisation de création de services privés de Communication Audiovisuelle et le Décret N° 92-156/PM-RM déterminant les conditions et procédures d’obtention, de suspension ou de retrait de l’autorisation de création de services privés de Communication audiovisuelle.

Malgré la pertinence de ces textes, force est de reconnaître que le secteur de l’audiovisuel peine toujours à prendre l’envol escompté. Mieux, fort de la méconnaissance du milieu par les professionnels de la place, certains opérateurs étrangers ont profité pour entreprendre des activités au Mali et cela au mépris de la réglementation en la matière.

C’est surtout le cas d’une chaîne de télévision privée Sud-Africaine et aussi de l’opérateur Français Canal-Sat et Canal Horizons qui, depuis la France, commercialisent des images jusque dans les foyers au Mali.

Une telle exploitation commerciale se fait au mépris et en violation flagrante de l’article 3 de l’arrêté interministériel n° 94-7166 interdisant la diffusion satellitaire directe de la France aux foyers maliens.

D’autre part, une telle diffusion rentre en collision avec le décret N° 92-156 notamment en son article 3 lequel stipule clairement : « l’autorisation de création, d’installation et d’exploitation de services privés de Communication audiovisuelle est accordée aux personnes physiques ou morales de nationalité malienne jouissant de leurs droits civiques« .

Une disposition au mépris de laquelle Canal Satellite Horizon a exercé pendant près de dix ans sans payer aucun droit aux pouvoirs publics maliens.

Après avoir été épinglé par le dernier rapport du Conseil Supérieur de la Communication, ces sociétés étrangères ont vite dépêché des émissaires au Mali.

Ceux-ci ont eu une rencontre avec le CSC à la faveur d’une réunion élargie aux rediffiseurs d’images de la place. A la faveur d’une conférence de presse qu’il a animée hier, président du Conseil Supérieur de la Communication, Moussa Kéïta, a mis l’accent sur cette violation par des opérateurs étrangers des textes nationaux.

Cette situation, affirme le président du Conseil, a pu bénéficier de la méconnaissance de la réglementation par les pouvoirs publics maliens.

Mais la question qui se pose est de savoir si l’Etat malien est à même de se faire verser ses droits suite à une décennie de violation de son paysage audiovisuel ?
Là est toute la question.

En tout cas, selon le conférencier, ces sociétés étrangères sont toutes disposées à verser au Mali ce qu’elles lui doivent . Mais présentement, ça semble piétiner au niveau des autorités qui ne disposent d’aucune référence pour calculer le montant de leurs dus.

Oumar Diamoye

27 avril 2006.