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Reconnaissant sa défaite, Soumaïla Cissé s’est déplacé chez Ibrahim Boubacar Keïta pour le féliciter de sa victoire à l’élection présidentielle. Nonobstant cette élégance démocratique, le candidat malheureux du scrutin du 11 août estime que la présidentielle de 2013 a été “émaillée d’irrégularités qui ont entamé largement la sincérité et la crédibilité” du scrutin.

jpg_une-2007.jpg«Marquant la fin du processus d’une sortie de crise multidimensionnelle grave, l’élection présidentielle de 2013 aurait due être une fête fraternelle et populaire. Malheureusement, du fait de nombreuses insuffisances, elle n’a pas permis à des centaines de milliers de maliennes et de maliens de participer au choix du président de la République». C’est en tout cas ce que pense Soumaïla Cissé qui a animé une conférence de presse dans la mi-journée de ce mardi 13 août 2013. Cette sortie médiatique intervient 15 heures après la félicitation du candidat malheureux à son challenger Ibrahim Boubacar Keïta.

Pour Soumaïla Cissé, tous les deux tours de l’élection «ont été émaillés d’irrégularités qui ont entamé largement la sincérité et la crédibilité» du scrutin. «L’instrumentalisation de l’armée et l’utilisation de l’appareil de commandement à des fins partisanes ont atteint une proportion jamais égalée dans ce pays», a-t-il dit. Pire, regrette-t-il, la période électorale «a malheureusement été l’occasion d’une campagne nauséabonde, de stigmatisation, recourant à l’ethnie, à la région et à la religion». A en croire le candidat malheureux, des urnes bourrées ont été découvertes par ses services à Kalaban kouloubleni (périphérie de Bamako) ainsi que dans deux mosquées et une medersa de Bamako.

«Au regard de la fragilité de la situation de notre pays, mes alliés et moi ne souhaitons pas ouvrir une page de contestation et d’instabilité au Mali», a-t-il indiqué, assurant qu’il n’introduira aucune requête auprès de la cour constitutionnelle. «Nous déclarons solennellement accepter les résultats que le gouvernement proclamera», a souligné Soumaïla Cissé.

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre donc pour notre pays. Et dans cette perspective, Soumaïla Cissé et ses amis de la plate-forme du Front pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) entendent jouer leur partition. Sans annoncé qu’il s’engage dans l’opposition, Soumaïla Cissé a indiqué qu’ils constitueront «un groupe alternatif» au gouvernement d’IBK. «Nous ferons des propositions, nous critiquerons s’il le faut, nous ferons avancer la démocratie par la contradiction, par des idées alternatives», a-t-il déclaré.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 13 Août 2013