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Dans le cadre de ses projets « Appui à la qualité et à l’équité de l’éducation » (AQEE) et « Formation interactive des enseignants par la radio » (FIER), des agents de l’USAID, accompagnés d’une quinzaine de journalistes, ont visité, les 11, 12 et 16 septembre, à Niéna, Sikasso, Niono et Ségou, des écoles de formation et discuté avec les membres de leur comité de gestion et leur association de parents d’élèves (APE).

Partout, les résultats obtenus sont encourageants malgré les problèmes qu’il urge de résoudre. La balle est dans le camp du ministère de l’Education nationale.

L’AQEE, inscrit dans le cadre du Programme décennal de développement de l’éducation et de la culture (PRODEC), comprend trois composantes: la participation communautaire dont le Groupe de recherches et d’applications techniques (GRAT), ONG intervenant dans le secteur de l’éducation, est chargé de la mise en œuvre, la formation continue et le curriculum.

Un forum de deux jours a été organisé en début d’année scolaire 2005-2006, d’où sont tirés les programmes annuels d’amélioration des 242 écoles dans six Centres d’animation pédagogique (CAP) de la région de Sikasso pour diagnostiquer les écoles dans le cadre des stratégies de réalisation du Plan quinquennal d’amélioration de la qualité de l’école (PAQE).

A Niéna, le GRAT était représenté, lors de la visite au CAP, par Moussa Keïta, son coordinateur régional à Sikasso. Selon le directeur du CAP, Moussa Tangara, et ses conseillers chargés du programme « Appui à la qualité et à l’équité de l’éducation » (AQEE), World Education coopère depuis 2005 avec les 11 écoles réparties en deux Communautés d’apprentissage (CA) des maîtres sur les 44 écoles des 11 CA de la région.

De 2 % à 85 % de réussite

Les activités consistent en l’auto-formation des enseignants, une formation continue suivie au niveau de chaque école – publique, communautaire ou medersa – qui fait son projet annuel et l’envoie au CA qui retient au total 10 disciplines. Les différents projets sont ensuite envoyés au CAP pour validation.

Pendant la première phase, World éducation a aidé à l’installation des trois CA au niveau du CAP en leur allouant 1 000 000 de F CFA. En 2005-2006, au total, 16 400 000 F CFA ont été accordés au CAP de Niéna.

Pour mieux assurer leur rôle d’appui pédagogique aux enseignants, le DCAP et deux de ses conseillers ont reçu des formations de formateurs sur les CA des maîtres. Ce qui a permis à celles-ci d’améliorer les pratiques de classe, les techniques d’animation, l’identification de leurs besoins et le coût de leur formation, de même que des échanges d’expériences avec les CA voisines.

Ainsi, à la fin de l’année scolaire, un réel changement a-t-il été observé: la plupart des écoles encadrées par Word éducation a obtenu 100 % de réussite au Certificat d’aptitude professionnelle (CEP).

Cependant, des faiblesses ont été enregistrées dont les problèmes de déplacement de certains maîtres et, au niveau des écoles communautaires, la faible implication, dans la formation, des CGS auprès desquels le CAP joue un rôle d’appui-conseil.

Selon Samamoudou Diakité du GRAT, « en procédant à l’Analyse des résultats scolaires (ARS), une des trois méthodes d’évaluation, l’on a constaté que, dans la plupart des cas, ce sont les parents ne s’occupant pas de leurs enfants ou les employant pour les travaux champêtres qui sont fautifs et responsables de leurs mauvais résultats« .

L’essentiel, selon le DCAP, Moussa Tangara, c’est que, pour changer les mentalités des communautés, il faut les sensibiliser à toutes les occasions. « C’est bon que nous ayons été formés, mais nous devons comprendre que l’aide n’est pas éternelle« , a-t-il souligné.

Dans tous les cas, l’équité est observée en termes de genre tant au niveau du personnel enseignant qu’au niveau des élèves. Et les effets du programme « AQEE » sur les écoles de 1re et 2e phases du CAP cible de Niéna, grâce aux efforts consentis, sont assez satisfaisants: les résultats sont passés de 2 % à 85 %.

Ne pas rester à la traîne

Au CGS présidé par Mme Ballo Djata Djiré à l’école publique de Niéna C créée en octobre 2003 et dirigée par Seydou Monzon Diallo, l’équité est également assurée en termes d’approche genre. Car selon Halimatou Traoré, chargée des filles, celles-ci représentaient 55,40 % des élèves en 2004-2005 et 66,66 % en 2005-2006, soit 103 filles contre 89 garçons sur les 256 élèves de cette école de 2e phase.

Pour elle, « quand une seule femme étudie, c’est comme si c’est toute une famille qui est éduquée« .
Grâce au GRAT qui a alloué, entre autres, 250 000 F CFA au CGS pour acheter des bancs et organiser des cours de rattrapage et des manifestations, les résultats ont atteint 75 % de réussite.

Et sur les 17 projets planifiés, 16 ont été exécutés à ce jour, soit 94,12 %. Mais les difficultés résident dans le non-branchement à l’eau potable et dans le manque de salles de classe face à l’augmentation rapide du nombre des élèves: trois classes au total aujourd’hui en attendant la finition de la quatrième.

A la medersa «Nourdine» lumière de la religion , de première phase, créée depuis une trentaine d’années, le programme des études est conforme à celui des écoles publiques à en croire le directeur, Drissa Siby, et le maître de la 4e année, Abddrahamane Traoré, sortant de l’école. Qui a fait faire des exercices de calcul et de lecture, de même que des chansons aux élèves visiblement motivés malgré les vacances. Sur les 14 projets planifiés en 2005-2006, la medersa «Nourdine» a exécuté 13, soit 92,86 %.

A Sikasso, en présence des membres du CGS et de l’APE de l’école de 1re phase Babemba B, l’épisode N° 18 d’une émission radiophonique de 30 minutes, mise d’habitude sur les ondes de l’ORTM tous les lundi et jeudi, a été exécuté par les élèves sous la direction de leur maîtresse.

Fait de jeux, de devinettes, de chansons, de mathématiques, de langue française, l’épisode intitulé « Mon pays le Mali » était axé sur le travail de groupe et la recherche collective des idées par les élèves de la 3e année. De même, d’autres émissions du même type sont également destinées aux enseignants.

Soutenue par Word Education, Babemba B scolarisant 470 filles et 570 garçons, a élaboré, en 2005-2006, un plan annuel tiré du plan quinquennal issu du Diagnostic participatif communautaire (DPC). Sur les 25 projets planifiés, 23, soit 92 %, ont été exécutés.

Elle a ainsi obtenu un taux de réussite de 60,42 % en 2006. Mais certaines difficultés périssent: Babemba B sise pourtant dans le plus grand quartier de Sikasso n’a que six salles de classe et a été obligée de fermer ses portes à plus de 200 enfants. En plus du retard accusé par l’ORTM dans la diffusion de l’émission radiophonique.

Au Centre virtuel de formation (CVF) de l’Institut de formation des maîtres (IFM) de Niono, les partenaires d’exécution de l’USAID sont Education Development Center et le programme de Formation interactive des enseignants par la radio (FIER).

Le plan exécuté à 100 %

Utilisant du matériel analogique ou numérique, la formation est assurée, six heures par semaine, grâce à une vingtaine de machines, en initiation informatique (Word, Excel, Power Point, recherche documentaire) et en audiovisuel. Selon Félix Diop, surveillant général, « il s’agit de ne pas rester à la traîne dans un monde supersonique« . Et si, avant, la technique était ignorée «  à 95 %, aujourd’hui, 95 % d’élèves-maîtres et de professeurs la connaissent « .

Le programme FIER financé par l’USAID et qui a débuté en février 2004 est un appui au ministère de l’Education nationale dans le cadre de l’amélioration de la qualité de l’éducation.

Il consiste à promouvoir, à partir de la 3e année, l’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le programme des IFM par la formation initiale (sur quatre ans dont un an de stage) et la formation continue des enseignants. A Niono, 57 professeurs et 211 élèves-maîtres de 3e année ont été formés l’année dernière.

A Ségou, l’ONG « Œuvre malienne d’aide à l’enfance du Sahel » (OMAES) représentée par son coordinateur régional, Oumar Traoré, et les membres du CGS et de l’APE de l’école publique de Pélengana A, qui a bénéficié d’un appui en matériels didactiques et en équipements sportifs, d’une bibliothèque, de trois salles de classe, de mobilier et de formation des maîtres, de même que de suivi des enfants en matière de santé, entre autres, ont pu exécuter à 100 % les 12 projets planifiés.

Et le message de l’USAID semble avoir été bien compris: « Il n’est pas sûr que chaque fois qu’un mendiant va devant une famille pour mendier, il puisse emplir sa calebasse »

Boureïma Allaye Touré de l’OMAES.

03 octobre 2006.