Partager

« Vous avez sûrement le droit d’aider et soutenir qui vous voulez, mais vous n’avez pas le droit de jouer à la confusion, d’entretenir le clair obscur sur vos pratiques.
Désormais, vous devez agir en plein jour et jeter le masque ! Arrêtez de rejeter les dossiers des autres sous prétexte qu’ils ne sont pas conformes à vos critères de financement.
Il ne s’agit pas de critère technique, mais plutôt d’un choix politique. Arrêtez de dire pompeusement que vous participez à l’ancrage démocratique au Mali. Dites plutôt que vous recrutez et soutenez des agents du capital international
! ».

Ce sont là des extraits d’une lettre de protestation déposée, mardi dernier à notre rédaction et signée par le Dr Oumar Mariko, Secrétaire Général du parti de la Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI).

A travers ce document, cette formation politique entend exprimer son indignation « face à la politique sélective et discriminatoire » de la Fondation Friedrich Ebert « vis-à-vis des partis politiques qui concourent à l’expression du suffrage universel » dans notre pays.

A croire le premier responsable du SADI, « c’est sous les oripeaux de la fausse objectivité et d’une impartialité hypocrite, que la Fondation Friedrich Ebert travaille à l’ancrage des valeurs de la social-démocratie internationale, lesquelles sont fondées sur la mainmise et l’instrumentalisation des partis politiques par les puissances économiques, financières, institutionnelles et politiques au service du capitalisme néolibéral mondial« .

Il ajoute que « Certains partis, qui servent de caisse de résonance à ces valeurs néolibérales, sont financés pompeusement par les fonds de la Fondation et ceux qui ont une autre vision politique sont systématiquement écartés« .

Dans ces conditions, signale le SADI, « les règles du jeu politique sont faussées entre les partis engagés dans une compétition politique autour de projets de société et de programmes politiques« .

Car, continue t-il, « les uns bénéficiant de largesses financières et les autres, comme SADI, réduits au silence. C’est le triomphe de la politique de bienveillance, du larbinisme, de renoncement au détriment d’une politique d’indépendance pour notre pays« .

Dr Mariko continue : « Dans le contexte d’un pays comme le Mali, asphyxié et déshumanisé par les effets dévastateurs du néolibéralisme, la Fondation contribue à créer des partis alimentaires, incapables d’aller au fond des grandes problématiques, de faire une analyse honnête et concrète des situations, de suggérer des perspectives ou des propositions opérationnelles« .

En réaction à cette pratique partiale de l’organisation allemande, le parti SADI s’attellera désormais à informer et à dévoiler avec rigueur et sérieux ce qui est occulté par la Fondation à savoir son soutien aux néolibéraux maliens, à ceux qui pratiquent la corruption, l’achat des consciences et qui pêchent en eau trouble.

Le parti SADI contribuera à faire l’éducation citoyenne et à délimiter les camps qui s’affrontent désormais sur la scène politique, peut-on lire dans cette déclaration.

Il poursuivra son travail d’éducation politique, sans l’appui de la Fondation, en encourageant la jonction avec les acteurs de la société civile engagés dans la construction d’un monde plus humain et qui se positionnent au cœur des préoccupations des populations et s’investissent au quotidien pour les aider à trouver des solutions alternatives à leur problème de survie.

A la SADI, « notre travail consiste à faire une mise à jour, sans misérabilisme facile, des conditions d’existence de notre peuple dans tous les secteurs de l’activité économique et sociale entravés détruits ou bloqués par les politiques économiques et sociales induites par l’imposition forcée de la mondialisation néolibérale. C’est sûrement pour cela que la Fondation Friedrich Ebert ne pratique pas avec nous la diplomatie du carnet de chèques pour organiser des séminaires soigneusement pilotés avec des résolutions trafiquées qui n’ont aucun effet sur notre peuple« .

Rappelons que le Dr Oumar Mariko est l’ancien leader de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) qui a joué un rôle déterminant dans la chute de la dictature militaro-civile en mars 1991 et l’avènement de la démocratie pluraliste à partir de juin 1992.

La création de SADI ne lui a pas pourtant réussi jusque là dans la mesure où les six députés élus sur les listes de cette formation à Koutiala ont tous démissionné, à cause du radicalisme reproché au Dr Mariko pour créer leur propre parti politique dénommé Liberté, Justice sociale (LJS).

Il semble aussi que l’unique ministre qui représentait SADI au gouvernement, en l’occurrence Cheick Oumar Sissoko, qui gère le département de la culture ait suspendu sa participation aux activités de ce parti politique.

Abdoul Karim KONE

19 août 2005