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L’opération de charme déclenchée par le PDG du GGB, Bakoré Sylla, envers les commerçants détaillants, à la faveur d’une rencontre d’information, le jeudi 13 juillet, risque de produire l’effet contraire. Car au sortir de ladite rencontre, certains commerçants détaillants n’ont pas manqué de fustiger des allégations du principal conférencier dont la stratégie d’achat de riz avec l’OPAM est jugée contraire aux règles de l’art.

ll y a-t-il une collusion entre Bakoré Sylla et l’OPAM autour du riz vendu par ce dernier ? En tout cas, un grand nombre de commerçants détaillants répondront à cette interrogation par l’affirmative. Leur conviction a été confortée à la faveur de la rencontre du jeudi 13 juillet à la CCIM avec le PDG de Grand Distributeur Céréalier du Mali (GDCM) et de Grand Grenier du Bonheur (GGB). Comme preuve palpable, ils s’appuient sur les fiches excibées par Bakoré Sylla sur la situation du prix du riz pour prouver qu’il a lui-même acheté cette céréale sur place avec l’OPAM à un prix élevé.

Dans le document en question, il ressort que GGB a acheté une énorme quantité de riz japonais pour près de 3 milliards de FCFA avec l’OPAM dans les magasins de Bamako, Ségou et Sévaré.

Bakoré n’a pas manqué de se flatter de l’accompagnement des banques, un signe de la confiance. Ajoutant que si l’OPAM, qui ne paie ni droits et taxes, n’a pas pu donner le riz à un prix très bas, sa société ne peut pas faire mieux.

Il a exhorté les détaillants à se contenter d’une marge de 15 F sur le kilo vendu. Mais cette proposition n’a pas satisfait ceux-ci. Car comme Bakoré, nombre d’entre eux auraient souhaité avoir le riz directement avec l’OPAM et non par l’intermédiaire de GGB.

Malheureusement, selon certains détaillants qui ont préféré garder l’anonymat, il y a une sorte de mafia qui ne dit pas son nom, une mainmise sur le riz tant à l’importation qu’au niveau du stock de l’OPAM.

En effet, expliquent t-ils, au même moment où Bakoré achète près de 3 milliards de FCFA de riz, on leur indique qu’il n’y a pas de riz. Les plus chanceux ont pu avoir seulement 12 tonnes.

Or, assure t-on, le stock mis sur le marché par l’OPAM doit profiter à tous les commerçants, notamment les détaillants qui sont en contact direct avec les consommateurs. Si les détaillants ont directement le riz avec l’OPAM, cela évitera toute spéculation.

Bakoré n’a pas caché lors de la même réunion son opposition à une ouverture générale de la filière. C’est pourquoi, il a souhaité que le gouvernement n’accorde pas les exonérations à tout le monde, mais à quelques uns qui seront responsables à ses yeux.

Ainsi a-t-il a sommé le gouvernement de revenir sur les exonérations accordées dans le cadre de l’importation du lait et de l’huile, jugeant l’ouverture générale non adaptée.

Une situation qui met à mal la Commissaire à la sécurité alimentaire devant les détaillants, si l’on se rappelle qu’au lendemain d’une récente rencontre de celle-ci avec les représentants du commerce au détail au cours de laquelle, elle a annoncé la disponibilité de 25 000 tonnes de riz à vendre, ceux-ci ont été surpris de constater que le lendemain tout le stock de l’OPAM avait été épuisé.

En tout cas, avec cette situation pas très claire, il y a peu de chance que le prix du riz baisse. D’autant plus que les détaillants ne veulent pas rester sous le diktat de Bakoré Sylla préférant que chacun aille à égalité de chance, tant dans l’importation que dans l’achat auprès de l’OPAM.

Youssouf CAMARA

17 juillet 2007.