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L’accouchement du Conseil Malien des Transports Routiers (CMTR) en 2007 a été très difficile au point de faire croire aux sceptiques que la structure est un mort né. Plus d’un an après sa naissance, le CMTR n’a encore posé aucun acte concret. En cette période de déficit céréaliers, le CNTR qui doit travailler avec le Conseil Malien des Chargeurs (CMC) est de plus en plus critiqué du fait de son inefficacité.

Nombreux sont les Maliens qui se demandent aujourd’hui à quoi sert le Conseil Malien des Transports Routiers?

L’ami de mon ennemi est mon ennemi

Le CMTR est né d’une volonté politique affichée en vue de rassembler tous les acteurs du secteur pour plus d’efficacité dans l’approvisionnement du pays et l’évacuation des marchandises vers les différents ports. Les plus hautes autorités du Mali tardent à faire asseoir ces objectifs.

Il semble que les acteurs du secteur des transports routiers n’ont pas encore enterré la hache de guerre. En effet, lorsqu’il s’est agi de trouver un président pour diriger la structure, il a été organisé entre les acteurs une élection. Deux gros transporteurs se sont affrontés: Youssouf Bani Traoré, PDG de Bani Transport et Moctar Théra, PDG de Binké Transport.

Les autres transporteurs se sont partagés entre ces deux camps. Les résultats des urnes ont donné Youssouf Bani Traoré gagnant. Moctar Théra, non content de sa défaite, a amené l’affaire sur un terrain juridique. Ce fut le début d’un long procès. Moctar Théra a réussi à faire annuler les 1er résultats proclamés par les juges. Une nouvelle élection a été organisée encore remportée par Youssouf Bani Traoré.

Par deux fois successives, le PDG de Bani Transport bat le PDG de Binké Transport. Si Moctar Théra a réussi a faire annuler les résultats du 1er scrutin, la justice ne l’a pas suivi dès la proclamation des résultats du second scrutin qui n’a été que la confirmation du 1er.

Comme le Conseil Malien des Transports Routiers, le renouvellement du Conseil Malien des Chargeurs fait suite à une longue bataille juridique entre le président sortant M. Amadou Djigué et Ousmane Babalaye Daou; le nouveau président.

Les élections du CMTR ont eu des conséquences sur celles du CMC. Ousmane Babalaye Daou qui a gagné les élections du Conseil Malien des Chargeurs (CMC) avait comme colistier Jeamille Bittar qui avait soutenu Moctar Théra contre Youssouf Bani Traoré. Dès lors, Youssouf Bani Traoré, devenu par la suite président du CMTR et Ousmane Babalaye Daou ne s’entendent plus, donnant ainsi raison à l’adage qui dit que l’ami de mon ennemi est mon ennemi.

La complémentaire et non l’animosité

L’animosité entretenue entre le CMC et le CMTR joue négativement sur l’approvisionnement du Mali en céréales en cette période de crise céréalière mondiale. Grâce aux exonérations accordées à des opérateurs céréaliers, pour atténuer la souffrance des populations, des commerçants maliens ont réussi à faire venir de l’Asie une quantité importante de céréales.

On estime à plus de 80 000 tonnes de riz bloqués en ce moment aux ports d’Abidjan et de Dakar (66 000 tonnes à Abidjan et 20 000 à Dakar). L’acheminement de ces céréales divise en ce moment le Conseil Malien des Chargeurs (CMC) sous la conduite de Ousmane Babalaye Daou et le Conseil Malien des Transporteurs Routiers (CMTR) présidé par Youssouf Bani Traoré.

Depuis, plusieurs mois le feu couve entre les deux structures citées haut. La mésentente entre le CMC et le CMTR a été remise sur la place publique à la faveur de la diffusion d’un communiqué du Secrétariat Général de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) invitant les transporteurs à accorder la priorité au riz stocké aux ports d’Abidjan et de Dakar.

Une réunion devait se tenir le vendredi 9 mai 2008 entre les opérateurs économiques et le Conseil Malien des Chargeurs dans la salle de conférence de la CCIM.

La rencontre devait commencer à 17 heures. A 17 heures 30 minutes à peine, une dizaine d’opérateurs économiques étaient dans la salle. Par contre, le Conseil Malien des Chargeurs était bien représenté par son président, M. Ousmane Babalaye Daou. A 18 heures, Youssouf Bani Traoré, président du Conseil National des Transporteurs Routiers et ses militants se faisaient toujours attendre.

D’ailleurs, ils n’ont pas répondu à la convocation. Les organisateurs ont été obligés de reporter la réunion à une date ultérieure sous prétexte que l’avion qui devrait ramener le président de la CCIM à partir de Lomé a pris du retard. Mais la réunion pouvait se tenir sans Jeamille Bittar.

La preuve est que le jeudi 8 mai 2008, la société Djigué-SA, après la société de Bakoré Sylla et GDCM de Modibo Keïta a mis à la disposition des commerçants détaillants 1 000 tonnes de riz au prix de 310 F CFA le Kg.

Jeamille Bittar s’est fait représenté lors de la cérémonie du 8 mai par Hama Abba Cissé, vice-président de la CCIM. Le même Hama pouvait valablement représenter Bittar le 9 mai comme il l’avait fait le 8 mai. Quand est-ce que nos opérateurs économiques vont-il enfin renoncer à leurs propres intérêts égoïstes quand il s’agit de défendre l’intérêt de la nation toute entière ?

Le Conseil Malien des Transporteurs Routiers doit saisir l’occasion qui est offerte par la CCIM et au-delà l’Etat qui a accordé aux céréaliers des exonérations pour l’approvisionnement correct du pays en denrées.

Daba Balla KEITA

12 Mai 2008