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Afin de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il puisse réduire les tarifs de l’électricité et donner gratuitement de l’eau aux populations, la Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali) en collaboration avec Wateraid (Organisation non gouvernementale) a organisé une marche pacifique le samedi 24 février.

Partie de la bourse du travail à 9 heures, la marche a emprunté le boulevard de l’indépendance, pour contourner le rond point qui porte son nom avant de s’échouer à la porte d’entrée de la primature. Les marcheurs composés de femmes et de jeunes comptaient plus de 800 personnes. Mme Barry Aminata Touré, présidente de la Coalition, Négueba Konaré, chef de village de Nonsomboubou, Saleck Ould Dah, représentant de Wateraid étaient au premier rang des marcheurs.

La marche se gonflait au fur à mesure que le cortège avançait. Au niveau du Centre Culturel Français, un groupe d’aide-ménagères a intégré les rangs. Un peu plus loin un important effectif de femmes et d’enfants de Bamako-coura s’est joint aussi aux manifestants. Les marcheurs avançaient en bon mouton tenant en main des banderoles et des pancartes avec des slogans imprimés.

On pouvait lire : « Non à la marchandisation de l’eau », « nous avons tous droit à l’eau potable et à l’électricité », « non à l’asphyxie des consommateurs », « non à la pollution du fleuve Niger », « non aux branchements anarchiques de l’électricité » et « la nationalisation d’EDM ».

Négueba Konaré, chef de village de Nonsombougou, que nous avons rencontré dans la foule, a déclaré qu’il est présent à la marche pour plaider la cause des populations son village qui n’ont pas accès à l’eau potable et l’électricité. L’orateur a ajouté qu’il urge que son village bénéficie d’un programme d’adduction d’eau. Saleck Ould Dah, représentant de Wateraid, quant à lui, a déclaré que le combat pour la promotion de l’eau potable et l’assainissement est un combat noble.

A la porte de la primature, Mme Barry Aminata Touré a lu le contenu de la déclaration. Elle a déclaré que la coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali) a réalisé deux études dont l’une sur l’impact de la privatisation de la société de distribution d’eau et d’électricité au Mali et l’autre sur l’hydraulique villageoise en août et septembre 2006.

L’oratrice a ajouté qu’au regard des conclusions des deux études, il ressort que l’électricité est indispensable dans l’épanouissement de l’être humain et dans le développement économique du pays, que le coût de l’eau et de l’électricité est inaccessible pour la grande majorité des populations, que l’accès à l’eau et à l’électricité est difficile au Mali même souvent avec les moyens disponibles. Pour le bien-être des populations, CAD-Mali exige la non marchandisation de l’eau, la diminution du coût de l’électricité, l’accès des populations à faibles revenus à l’eau et à l’électricité, l’équité dans les politiques de desserte en eau et en électricité.

La Coalition a aussi demandé la nationalisation de l’EDM, la création d’un ministère chargé de l’eau et d’un ministère chargé de l’énergie, l’augmentation de la tranche sociale à 100 % et le développement de l’énergie alternative pour la desserte des zones sans électricité.

Le clou de l’événement a été la remise de cette déclaration au secrétaire général du ministère des Mines de l’énergie et de l’eau, Andre Traoré par Mme Barry Aminata Touré.

M Traoré, a rassuré la présidente de la coalition que le département prendra des mesures pour analyser les doléances posées afin qu’une solution idoine soit trouvée.

Au finish, ajoutons que, pour la marche, les délégations sont venues des différentes communes de Bamako et de Kati. La région de Koulikoro n’est pas restée en marge.

Abdoul Karim KONE

26 février 2007.