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L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM) avec l’appui technique du Centre international pour la fertilité des sols et de développement agricole (IDDC) organise un atelier national sur l’analyse des contraintes liées à l’approvisionnement en intrants. Cette rencontre fait suite à six ateliers régionaux organisés dans les zones Office du Niger, OHVN, trois zones CMDT et à Mopti pour les régions du Nord.

Ces rencontres, dans une logique d’approche participative, ont permis aux producteurs, distributeurs d’intrants et aux services techniques d’appui de diagnostiquer, sans complaisance, les contraintes liées à l’approvisionnement correct des producteurs en intrants et pesticides.
La faible capacité des organisations de producteurs à évaluer convenablement les besoins, adopter un mode de passation adéquat et formaliser un calendrier décisionnel d’achat, l’absence de fonds de garantie interprofessionnel rendant les paiements aux fournisseurs lents, l’insuffisance d’infrastructures adaptées propres aux organisations de producteurs pour faciliter la livraison par les distributeurs et le stockage des intrants, le faible niveau de profession-nalisation et l’absence de mécanisme fiable facilitant l’accès des distributeurs d’intrants aux crédits et la méconnaissance du marché des intrants aux niveaux national, régional et international, sont les principales difficultés rencontrées dans le processus d’approvisionnement. C’est pourquoi, expliquera le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Fousseyni Mariko, le gouvernement, sur instruction du président de la République, a placé la problématique de l’approvisionnement en intrants au centre de ses priorités.

En effet, la consommation d’engrais au Mali qui était de 155 000 tonnes lors de la campagne 1998-1999 a atteint 175 000 tonnes en 1999/2000 et 185 000 tonnes en 2005-2006.
Quant aux produits phytosanitaires, leur consommation est passée de 2 400 litres en 1997-1998 à 2 600 litres en 2002-2003. En terme de comparaison, le Mali, avec 158 000 tonnes, occupe la troisième place en Afrique de l’Ouest en consommation d’engrais derrière le Nigeria avec 600 000 tonnes et la Côte d’Ivoire avec 200 000 tonnes. Faut-il signaler que la demande en engrais reste largement supérieure à la consommation. Par exemple, en zone Office du Niger, alors que les besoins théoriques sont estimés à 6 500 tonnes de DAP par an et 13 000 tonnes d’urée par an, les réalisations en 2005-2006 ont été de 4 578 tonnes de DAP et 11 895 tonnes d’urée.

Si l’initiative de l’APCAM va permettre d’inverser cette tendance et réconforter la position de notre pays en terme d’utilisation d’intrants agricoles, le gouvernement a déjà pris des mesures pour atténuer les effets des contraintes d’approvisionnement sur le monde rural, notamment à travers la loi d’orientation agricole en cours d’adoption par l’introduction des dispositions relatives à l’encouragement à la création d’unités de production locales et la mise en œuvre des mesures fiscales appropriées.

Aussi, le gouvernement a-t-il institué la tenue des concertations inter-acteurs au plus haut niveau en début de chaque campagne pour faire le point de la situation et prendre les décisions qui s’imposent, favoriser la mise en place de pools bancaires pour la mobilisation des financements, la mise en place de comités de suivi de commissions de réglementation.

Youssouf CAMARA/L’Indépendant

19 juillet 2006