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Suppression du poste de Premier ministre, du Haut conseil des collectivités (HCC), du Conseil économique, social et culturel (CESC) et du Bureau du vérificateur général ; élection du président de la République par l’Assemblée nationale et non par le peuple ; réduction du nombre de partis politiques et suppression du financement public…sont autant de recommandations émanant de l’Association Repères. Qui a organisé, samedi dernier, une conférence débat sur le thème : « Propositions pour la consolidation de la démocratie »

L’association Repères est, selon son président Daouda Sacko, née d’un sentiment de frustrations et d’inquiétudes de la nature de la démocratie en Afrique en général et du cas du Mali en particulier, au vu de son évolution et de son orientation depuis 1991.

Préoccupés par la renaissance des idéaux des anciens pères de l’indépendance et la fécondation de nouvelles réflexions autour de la démocratie, les membres de Repères veulent inviter les décideurs à rompre avec tout calquage du système démocratique français au profit d’un appareil administratif original. Ce qui, à en croire Daouda Sacko, justifie le choix du thème. « Nous sommes, certes une association apolitique, mais pas neutre », précise-t-il.

Par cette causerie débat, l’association Repères entend recueillir, dans un premier temps, les avis du public sur quelques constats et recommandations concernant la pratique démocratique au Mali. En second lieu, la conclusion tirée de ces échanges d’idées sera soumise à l’appréciation de la Commission nationale de réflexion sur la consolidation de la démocratie (CRCD).

Le principal conférencier, Ali Cissé, Administrateur civil de son état, est parti de constats et recommandations basés sur, entre autres, l’organisation et le fonctionnement des institutions, le processus électoral et la vie des partis politiques au Mali.

Selon lui, les constats sont amers ; au nombre pléthorique des institutions s’ajoutent les coûts de fonctionnement exorbitants.

Pour illustrer cet état de fait, il dira que le coût de fonctionnement de la Présidence à évoluer de 2, 617 milliards F CFA en 1996 à 10, 835 milliards F CFA en 2005.
La Primature, pour la même période, est passée de 1,426 à 11,120 milliards de F CFA. En raison de ces remarques, le conférencier a recommandé la suppression pure et simple des institutions comme le poste de Premier ministre, le Haut conseil des collectivités (HCC), le Conseil économique, social et culturel (CESC) et le Bureau du vérificateur général.

Du processus électoral, il retient que la liste électorale se caractérise par une surcharge et un manque de fiabilité.
Sur ce point, Aly Cissé recommande deux points : l’adoption du système de l’inscription volontaire avec présentation d’une pièce d’identité et l’informatisation du fichier électoral. Face aux coûts des consultations électorales, qui sont passés de 17 milliards entre 1997 et 1999 à 25 milliards de F CFA entre 2002 et 2004.

Comme solution à cette situation parmi tant d’autres, il préconise de substituer l’élection du président de la République, qui se fait au suffrage universel par celle de l’Assemblée nationale.

En parlant des partis politiques, il dira que pour freiner l’évolution du nombre pléthorique des partis politiques, présentement estimés à 103, il faut instaurer des critères beaucoup plus rigoureux pour leur reconnaissance, en supprimant le financement public des partis politiques.
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SOUMAÏLA CAMARA

STAGIAIRE

18 Aout 2008