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Le 6 Décembre 2008, la salle de conférence de l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance au Mali (APIM-Mali) a servi de cadre à une rencontre quadripartite entre l’APIM, le ministère des Finances, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, le président de l’association des banques du Mali, M. Babaly Bah, en présence de partenaires financiers et d’autres invités.

Aussi, il a surtout été question des difficultés et préoccupations des institutions de microfinance, face à la crise financière mondiale actuelle. C’est donc dans le but de s’assurer confortablement que l’APIM-Mali, dirigée par M. Ousmane Traoré, a tenu à prendre le taureau par les cornes, en rencontrant les autorités en charge et leurs partenaires privilégiés que sont les banques.

Comme on le sait, à cause de son rôle important dans la réduction de la pauvreté, le secteur de la microfinance demeure une des priorités dans toutes les politiques de développement économique et social du Mali, notamment dans le Programme de Développement Economique et Social (PDES) et le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP). Du coup, les responsables de ce secteur sont obligés de s’assurer auprès de leurs tutelles et de leurs partenaires, surtout face à la crise financière mondiale.

Par ailleurs, les responsables de l’APIM ont exprimé leurs préoccupations face à certaines nouvelles mesures prises par le gouvernement, les concernant. Il s’agit de la prochaine mise en place d’un fonds commun par les coopérations canadienne et danoise et la signature de l’Arrangement de Financement Commun (AFC), ainsi que d’autres mesures que les institutions de microfinance n’arrivent pas à comprendre.

Au cours de la journée d’échange avec les ministères des Finances, de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce et des banques, les différentes institutions de microfinance ont présenté leurs actions et difficultés, de leur création à nos jours. Pour l’APIM, il a été question de sa pérennité, de sa viabilité, de son financement, des risques et surtout, du problème récurrent de ressources à moyen et long terme pour les SFD (Services Financiers Décentralisés).

Pour l’institution du réseau Kafo Jiginew, c’est le problème de la domiciliation des pensions de retraites, arrêtée par décision de la directrice de la Caisse des Retraites. Concernant le réseau Jemeni, c’est le financement des écoles qui continue de donner du fil à tordre à ses responsables. Pour le réseau CAECE, ce sont des questions de sécurisation des procédures de recouvrement des fonds prêtés, avec insuffisance d’auxiliaires de justice ; de moralisation du secteur ; et enfin, d’une saine articulation entre les SFD eux-mêmes.

Pour le réseau Nyesigiso, il a été question du problème de la viabilité et de la professionnalisation du secteur. A la caisse Pyeli, ce sont des problèmes d’exonération qui ont été évoqués. Enfin, au réseau Kondo, c’est la mise en place de Système d’Information et de Gestion (SIG) performant qui a été demandée.

Ces difficultés risquent d’entraîner leurs disparitions, si des solutions rapides ne sont pas entreprises par les autorités et les banques. Ce qui explique la mise en place d’un fonds commun pour appuyer et soutenir la nouvelle stratégie nationale pour le développement de la microfinance et son plan d’actions 2008-2012, ainsi que l’Arrangement de Financement Commun (AFC). Aussi s’avère-t-il salutaire d’associer les institutions de microfinance, car elles sont concernées.

Malgré toutes ses difficultés et préoccupations exprimées à l’adresse des deux ministères et des banques, les institutions de microfinance jouent actuellement un rôle prépondérant en vue de soulager les populations (surtout les personnes à faibles revenus) afin d’accéder aux prêts de crédits pour diversifier leurs activités économiques.

Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a d’ailleurs reconnu les efforts du secteur de la microfinance au service du développement économique et social des populations. En effet, dans sa réponse aux préoccupations et difficultés des différentes institutions de microfinance, le ministre Diallo a assuré les uns et les autres de sa disponibilité et de tout son temps pour les aider et à les soutenir.

Ainsi pour l’APIM-Mali, le ministre a insisté sur le renforcement des organismes d’encadrement prévus dans le plan d’action 2008-2002 et a demandé de lui donner le temps de pouvoir rencontrer son homologue des Finances, sur la question d’actionnariat des SFD à la BMS-SA. Il en a également profité pour saluer certaines initiatives prises par Jemeni , concernant le projet Jemeni Motors et Jemeni Assurances.

Enfin, il a invité les unes et les autres à plus de rigueur, d’entente et d’unité, pour davantage développer le secteur. Le ministre profitera de cette rencontre pour annoncer la mise en place du Fonds de Développement Economique (FDE) qui aura pour mission de rechercher des lignes de crédit à court, moyen et long terme, pour les secteurs porteurs de l’économie, à travers une intermédiaire financier des banques, établissements financiers et institutions de microfinance.

C’est ainsi qu’il dira que pour la promotion de l’entrepénariat des femmes et des jeunes au Mali, un projet de micro-crédit a démarré ses activités depuis Octobre 2008. “Je demande, à cet effet,votre accompagnement pour une bonne exécution du projet” , s’est-il adressé aux institutions de microfinance avant de conclure : “Je suis très heureux et ravi de vous rencontrer. Ce qui prouve votre attachement à la destinée du secteur. Je ne peux que vous encourager à plus d’ardeur au travail, pour le devenir du secteur”.

Sadou BOCOUM

15 Décembre 2008