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Aux termes d’un atelier de deux jours sur les produits sensibles du Mali dans le cadre des négociations ACP-UE et sur le tarif extérieur commun de la Cédéao, le comité national de suivi des négociations a soumis au gouvernement la liste des produits sensibles/spéciaux du Mali. Elle devra être entérinée avant fin août.

La deuxième phase des négociations de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne (UE) a été lancée en février dernier à Bruxelles. Elle porte sur la conclusion de certaines mesures ; à savoir : l’acceptation d’un texte de l’Accord, d’une offre d’accès au marché entre les deux parties et l’identification de mesures d’accompagnement et leur financement par la partie européenne.

Dans le cadre de la préparation de l’accès au marché de l’Afrique de l’Ouest, les pays membres ont été invités à faire leur proposition de produits sensibles au plus tard le 31 août 2007 à la Commission de la Cédéao. C’est à cet exercice que s’est livré les 13 et 14 août derniers, le comité national de suivi des négociations APE à travers un atelier de validation de la liste sensibles.

Les participants à la rencontre ont, en outre, planché sur les mesures de défense commerciale disponibles en vue de proposer des traitements spécifiques à ces produits considérés comme sensibles. « L’Afrique de l’Ouest ne peut pas supporter la concurrence face aux producteurs européens bénéficiant d’avance technologique et de soutiens de leurs Etats dans certains cas. La bonne sélection des produits sensibles conditionne la minimisation des coûts économiques du démantèlement tarifaire qu’entraînera l’Accord de libre échange entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest », explique un membre du comité.

Onze milliards CFA de lignes tarifaires

Le Mali, suivant les critères de recettes fiscales, filières d’intervention des couches pauvres auprès des ministères de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche ainsi que les perspectives de développement économique et social, a collecté une trentaine de produits dits sensibles.

En première ligne de cette liste, les produits agricoles (riz, maïs, blé, pomme de terre, lait, volaille, œufs, viande excepté le porc…), les produits de la pêche (poisson d’eau douce), les produits alimentaires industrielles (sucre, farine de blé, pâtes alimentaires, huiles de coton, d’arachide, soja, semoule de farine…), les boissons sucrées ou non, les produits industriels non alimentaires (peinture à huile bâtiment, peinture et vernis auto, savons ordinaires, fils de coton, nattes, cahiers, tissus, sacs tissés en propylène…)

Selon les études, si la totalité des produits de ces lignes tarifaires étaient concernés par les produits sensibles, elles représentent plus de 11 milliards de F CFA, soit 28,85 % des recettes douanières dans les échanges entre le Mali et l’UE. Elles constituent en outre 28,57 % des lignes tarifaires.

Reste au gouvernement malien de se pencher sur ces propositions de produits sensibles et de les adopter avant la fin de ce mois. Elles seront ensuite envoyées à la Commission de la Cédéao qui procédera à l’établissement de la liste régionale des produits sensibles au courant du mois de septembre 2007. Les négociations sur la libéralisation des échanges débuteront en octobre 2007.

Sidiki Y. Dembélé

16 août 2007.