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Nous sommes entre 1992 et 2002. Quatre (04) barons de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ) ont mis à exécution une stratégie de diviser pour régner en éclatant les neuf (09) formations politiques qui existaient. Ces quatre (04) hommes de la ruche furent l’ancien Président de la République, Alpha Oumar Konaré (AOK) ; son Premier ministre, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) ; son Directeur de la Sécurité d’Etat (SE), Soumeylou Boubèye (SBM) ; et le président de l’Assemblée Nationale du Mali, Ali Nouhoum Diallo (AND). Depuis vingt-six (26) ans, les Maliens subissent les affres de ces quatre barons de la ruche. Leur devise: diviser pour mieux régner en toute tranquillité.

Au commencement, il y avait neuf (09) partis politiques qui regroupaient les intellectuels maliens: ADEMA-PASJ, le CNID-FYT, le PDP, le Rdp, le PUDP, l’UFD, l’UFDP, l’US-RDA, l’UDD. Mais subitement, tous ont subi une scission montée et entretenue par quatre (04) barons de la ruche qui craignaient l’ascension des leaders de ces formations politiques. Ainsi le PDP de maître Drissa Traoré, expéditeur de la lettre dé démission au général Moussa Traoré, a été cassé en trois dont le MC-CDR de Me Boubacar Karamoko Coulibaly, la CDS-Mogotigi de Mamadou Bakary dit Blaise Sangaré et le PDA. Le RDP d’Almamy Sylla a subi la scission qui donna naissance au RND, au PMDR.

Quant à l’USRDA, elle fut éclatée en trois: BDIA-Fasodjigui de Tiéoulé Konaté, le PIDS de Daba Diawara et le RMC-Faso kanu de Me Moriba Diallo. Le PUDP de Mamadou Maribatourou Diaby fut enterré suite à sa candidature à la présidentielle du 11 mai 1997. Il était unique candidat ayant trahi le Collectif de l’opposition (COPPO) face au candidat Alpha Oumar Konaré.

Abandonné et maltraité par son adversaire politique ; Maribatourou ne survivra pas longtemps. Le CNID fut divisé en en trois: PARENA, SADI, BARA. L’UDD est une formation née sur les cendres de l’ex-parti unique (UDPM).

Son président Moussa Balla Coulibaly fut l’organisateur de la contre-marche contre la démocratie à Bamako. L’UDD connaîtra plus tard la fracture à cause de la présence à l’Assemblée nationale du Mali d’anciens secrétaires généraux de l’UDPM élus députés ADEMA.

Younouss Hamèye Dicko membre fondateur de l’UDD quitte et crée sa formation politique le RDS. Choguel Maïga aussi abandonne le parti de la Colombe pour créer le MPR dont le logo est le tigre debout en lieu et place du loin débout de l’UDPM. L’UFDP (samaton) du colonel Youssouf Traoré disparait de l’échiquier politique suite à la levée de son immunité parlementaire dans les années 1982.

Sur les neuf (09) formations politiques au commencement de la démocratie malienne seul le parti de maître «Sagoloba» (Me Demba Diallo), l’UFD a survécu. Comme dit le sage «lorsqu’on a fini de manger l’huile de cuisine, on mange l’huile à mettre sur la peau». L’ADEMA, connaît aujourd’hui de sérieux problèmes (MIRIA, RPM, URD, CODEM, PDES, PCR, PACP, FARE-An Ka Wuli.

Après dix (10) ans de gestion du pays par Alpha Oumar Konaré, l’alternance, en 2002, fut militaire. Un candidat indépendant est élu président de la République. ATT met le holà sur les partis politiques en créant le Mouvement citoyen. Comme la nature a horreur du vide, les associations religieuses ont pris la place des partis politiques.
Résultat ? Une menace sur les partis politiques. Aujourd’hui, un danger guette notre pays: des religieux qui pensent qu’ils sont incontournables, des hommes politiques qui détiennent un trésor de guerre seraient prêts à acheter des électeurs et d’autre part des militaires ont radiés pour indiscipline tandis que des «bandits armés» tuent et sont libérés au nom de la réconciliation nationale.

Safounè KOUMBA

Du 29 Janvier 2018