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La commune IV du District de Bamako, à l’instar des 703 communes du Mali s’apprête à élire le 26 avril 2009 ses 41 conseillers communaux parmi environ 1 000 candidats repartis en 22 listes dont une demi douzaine de listes indépendantes.

Sur les 22 listes de candidatures, 19 ont été attaquées par le Rassemblement pour le Mali (RPM) dont les listes indépendantes Moussa Mara est Kaoural. Curieusement, ce sont ces deux listes indépendantes qui ont été invalidées dans la précipitation par le Tribunal de Première Instance (TPI) de la Commune IV.

Les ténors de ces deux listes indépendantes portent aujourd’hui un doigt accusateur sur le RPM qui aurait renoncé à ses plaintes contre les partis politiques. Pourquoi donc l’acharnement du RPM contre les indépendants ? En matière électorale la décision finale ne doit-elle pas appartenir au peuple souverain de choisir ses dirigeants ?

Les regards tournes vers la cour d’appel

Aussitôt après l’invalidation de leurs listes par le TPI de la Commune IV, les leaders des listes indépendantes Kaoural et Moussa Mara ont interjeté appel devant la Cour d’Appel de Bamako qui a compétence de statuer en dernier ressort. Les espoirs de ces indépendants reposent sur cette cour dont le verdict est attendu ce matin 1er avril au plus tard demain 2 avril 2009.

Il faut rappeler que le TPI de la Commune IV composé essentiellement de militants du Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) qui était en grève les 19, 20 et 23 mars dernier. Non satisfait, le SYLIMA a transformé sa grève de 72 heures en grève illimitée le 24 mars 2009. Suite aux médiations du Barreau, les grévistes ont suspendu leur mouvement pour examiner spécialement les contentieux électoraux les 26 et 27 mars.

C’est dans ce contexte de précipitation, d’énervement et de tension que les listes indépendantes Kaoural et Moussa Mara ont été annulées par le Tribunal de la Commune IV.


La colère des organisations féminines

En portant plainte contre la liste Kaoural, le RPM a soutenu qu’il y a une femme sur cette liste dont le nom ne figurait pas sur la liste électorale. Dans les milieux des associations et organisations féminines, la tension est montée d’un cran dès l’annonce de l’invalidation de la liste Kaoural sur laquelle une femme est en bonne position pour être élue.

En tout cas, l’acte d’annulation de la liste Kaoural porte atteinte aux efforts des associations et organisations féminines et leurs partenaires qui se battent depuis longtemps pour l’accès des femmes aux instances de décisions.

Que dit la loi électorale par rapport aux conditions d’inéligibilité ?

C’est le chapitre VI de la loi électorale qui parle des conditions d’éligibilité et d’inéligibilité des candidats à l’élection des conseillers communaux.

L’article 62 dudit chapitre visant les conditions d’éligibilité met l’accent sur la nationalité du candidat, l’âge (21 ans révolu) et sa conformité avec la justice.


L’article 63
stipule que sont inéligibles les personnes privées du droit de vote par décision judiciaire.

La candidate de Kaoural n’est frappée par aucune de ces mesures. Pourquoi donc le RPM veut l’éliminer au moment où tout le monde parle de la mobilisation et de la participation des femmes, nos mères, épouses et soeurs dans la vie publique ?

En tout état de cause, le sort des listes indépendantes Kaoural et Moussa Mara se trouve entre les mains de la Cour d’Appel qui ne doit pas permettre que l’avenir de la Commune IV soit pris en otage par le RPM.


Daba Balla KEITA

01 Avril 2009