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Par la force implacable du temps, chaque jour verra s’accentuer le déclin des huit principes qui constituent le Temple du Spirituel”. C’est par cette prédiction que le Bhagavad Gita (qui représente le Coran ou la Bible, en Inde) annoncait, il y a… cinq mille ans, la déchéance sociale que le monde a déjà commencé à vivre.

Ce déclin se manifeste déjà sur le plan de la diminution graduelle du nombre des espèces créées.

Pourtant, savants et chercheurs sont parvenus à effectuer cet ahurissant recensement : le monde se résume à …8 400 000 espèces créées. Soit 3 000 000 d’espèces d’animaux terrestres, 2 000 000 d’espèces végétales (arbres, fleurs, plantes…) 1 100 000 espèces d’insectes, 1 000 000 d’espèces d’oiseaux, 900 000 espèces aquatiques et 4 00 000 espèces humaines. Et l’on remarque que cette dernière espèce est de loin la moins nombreuse.

Le corps et les niveaux

Selon le Bhagavad Gita, au regard de son effectif très réduit par rapport aux autres espèces, l’espèce humaine se doit de contrôler, sinon maîtriser son corps et de maintenir son mental à un niveau supérieur.

Conserver le corps revient à le “virginiser”, c’est-à-dire le rendre sain en l’épargnant au maximum de toute souillure (saleté, maladie…). Il s’agira donc de ne pas consommer de chair animale, ne s’adonner à aucune forme d’enivrement (cigarette, alcool, drogue, et autres excitants), ne se livrer à aucune activité sexuelle illicite, éviter les plaisirs interdits et les jeux de hasard (cinéma, bar-dancing, loto, tiercé…).

Quant aux niveaux en question, ils sont au nombre de quatre : physique, intellectuel, mental et spirituel. Le niveau physique ou sensoriel est celui qui concerne le toucher, la vue, l’ouïe et l’odorat. Le niveau intellectuel, c’est tout ce qui est perçu à travers les conceptions du mental.

Le niveau mental, c’est tout ce qu’on perçoit par la description verbale ou écrite. Enfin, le niveau spirituel, c’est la perception du monde extérieur par le biais des trois précédents niveaux (physique, intellectuel et mental).

Bien sûr, de nos jours, pour les 95% des êtres humains, réussir à atteindre ces niveaux ne relève pas seulement de l’exploit, mais… de l’impossible, compte tenu de la difficulté même à y parvenir. Il n’en demeure pas moins que du point de vue du Bhagavad Gita, une bonne santé physique dépend de l’état de l’^me dans le corps. La preuve : celui qui se coupe un doigt aura du mal à ne pas en souffrir. Mais que peut ressentir un cadavre, même si on le découpait en rondelles?…

La déchéance des âges

Avant notre ère, dite Kâli Yuga (l’âge de Kâli, selon les Indis), il y a eu trois Yugas (âges) : le Satya Yuga qui a duré 1 728 000 ans, le Treta Yuga qui a duré 1 296 000 ans, et le Dvapara Yuga qui a duré 864 000 ans et clôturé la fin du cycle de ces trois âges.

Mais l’on constatera qu’il y a 432 000 ans de différence entre les durées des 1er et 2e âges (Satya Yuga et Treta Yuga ), et autant d’années entre les durées des 2e et 3e âges (Treta Yuga et Dvapara Yuga ).

L’on aura également remarqué que la longévité des créatures (et de l’être humain, en particulier) décroit progressivement au cours du 3e âge (Dvapara Yuga). De plus de 100 000 ans, cette longévité passe à 10 000, 1000 et 100 ans tout au plus, au début de l’âge de Kâli (notre ère).

Ainsi, si Mathusalem (dont l’âge n’a, jusqu’à ce jour, jamais été égalé) et les anciens Hébreux du temps des Prophètes ont vécu, en moyenne, entre 900 et 400 ans, l’âge des descendances qui leur ont succédé a considérablement diminué au fil des époques. si bien que l’âge de nos futurs descendants ne dépasserait guère 60 ans.

On explique que nos temps se seraient ralentis par rapport à ceux de nos anciens (aïeuls et ancêtres). Et que ces derniers vivaient avec plus de santé spirituelle et physique (due à leur alimentation saine et végétarienne). Mais là n’est pas l’unique explication.

Selon le Srimad Bhagavatam (c’est-à-dire les textes du Bhagavad Gita ), la raison de la diminution graduelle de l’âge se situe essentiellement dans la déchéance progressive des huit principes sus-mentionnés qui caractérisent l’âge de Kâli (Kâli Yuga ). Et l’on remarque qu’au fil des âges, tous ces principes se perdent de façon aussi dangereuse qu’irrémediable.

Les huit principes spirituels


Le premier principe du Bhagavad Gita des Indis
, appelé Dharma ou Spiritualité, constate que de nos jours, l’être humain ne croit plus en rien.Et comme un “vieux gâteux“, Dieu est tourné en dérision.

La réligion, en général, ne se pratique plus que par hypocrisie ou exhibitionnisme : pour se donner une contenance, pour accéder à un certain statut social, pour éviter les remontrances, les rumeurs, le rejet de ses semblables… Autant les raisons de cette fausse dévotion sont diverses, autant la foi réligieuse est quasiment inexistante de nos jours.

Le deuxième principe spirituel est le Satyam : la vérité ou la véracité. un principe qui, de nos jours, se perd à tel point qu’on ment à tous les coups, sans coup férir, même si ce n’est pas nécessaire. Et le plus souvent, l’être humain ne peut s’empêcher d’édulcorer ou de travestir les faits à son avantage et pour sa propre image.


Le troisième principe
, appellé Saucam, a trait à la Pureté. Le manque ou la dégénérescence de la pureté corporelle ou spirituelle a entrainé des travers de tous ordres : vagabondage, banditisme, relations sexuelles interdites, excitants corporels…

Le quatrième principe : le Ksama ou Clémence. L’intolérance est aujourd’hui érigée en règle de conduite presque générale. Pour un oui ou un non, c’est la guéguère, sinon la guerre : on se crêpe le chignon, on ne se pardonne plus la moindre erreur ou bavure. L’égoïsme et l’égocentrisme ont dénaturé l’humain et transformé les mésententes en conflits sanglants.

Le cinquième principe : le Damâ ou Miséricorde. On ne s’attendrit plus sur le sort de l’autre, on n’éprouve plus ni pitié ni compassion. Les coeurs s’endurcissent de plus en plus. Concernant le sixième principe dit Ayur ou Durée de la vie, tout le monde est unanime à le constater : de nos jours, la durée de vie est très réduite, et les gens meurent vite.

Le cas du septième principe, appelé Balam ou Force physique, est tout aussi évident : on devient de plus en plus impotent, indolent, paresseux, partisan du moindre effort physique, encore moins moral.

Enfin, le huitième principe spirituel, dit Smirti ou Mémoire, évoque l’amnésie (perte de mémoire) qui frappe aujourd’hui la majorité des gens. Non seulement on rechigne à apprendre et à connaître, mais on retient peu de choses et ou oublie vite.

Des prédictions vieilles de 5000 ans

Pour illustrer notre ère, les passages 12, 2, 5 et 12, 2, 6 du Veda (un livre antique de prédications des Indis) précisent : “Ce sera un déshonneur de ne pas vivre dans l’opulence, alors qu’un individu bouffi d’orgueil se fera hypocritement passer pour un être pieux…

L’homme ne vivra que pour remplir son estomac, et les déclarations qui s’imposent par leur caractère audacieux seront acceptées comme vérité absolue…

En effet, de nos jours, c’est exactement ce qui se passe sous nos cieux où la majorité des gens ne semblent vivre que pour manger et dormir grassement, et se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.

Et le Veda, de conclure : “… Des canailles sans scrupules déguisées en dirigeants oppresseront tant les citoyens que ces derniers abandonneront leurs familles et leurs biens pour se réfugier dans les collines et les forêts”. Toutes ces prédictions du Veda, concernant notre époque, datent pourtant… de 5 000 ans.

Oumar DIAWARA

27 Mai 2008