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« Hier, les chefs d’État membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) réunis à Dakar au Sénégal ont décidé de faire subir au Mali, un embargo total.

Situation que le Mali, vous en convenez, n’est pas en mesure de supporter au moment où notre économie demeure fragile, et cette crise au nord, qui, suite au laxisme et à la mauvaise gestion des affaires de l’État d’une minorité fait souffrir aujourd’hui des Maliens dans leur chair et dans leur âme. Le jeudi 22 mars, en posant notre acte, nous avions l’intime conviction que les vies humaines que nous avions mises en danger l’étaient pour une cause noble et salvatrice.

Mais par la suite, et avec les sanctions de la CEDEAO, cette même population semble être punie par une structure qui devait au préalable promouvoir le bien du peuple malien. Notre action, au lieu d’être le premier jalon d’une indépendance démocratique tant souhaitée, devient source de pression pour ce même peuple.

Nous tenons néanmoins à réitérer toute notre confiance à la CEDEAO, et l’invitons à plus d’ouverture et de dialogue pour le bonheur du peuple malien. Oui, à un retour à l’ordre constitutionnel, mais avec un Mali nouveau. Car encore une fois, le cas du Mali est spécifique. Ceux qui devaient prendre leurs responsabilités par la Constitution, ont pourtant vu, accepté et participé au chaos que ce pays connaît aujourd’hui. Et pourtant, cette même Constitution permettait de voter aux deux tiers et de mettre un terme à l’ancien régime si sa mauvaise gestion n’avait pas été cautionnée par certains.

Et si ceux ou celles exigés par un retour constitutionnel doivent être dans les 40 jours empêchés selon la même constitution, d’exercer, de gérer le même pays, alors, que ce passera-t-il ? Au moment où ce pays traverse l’une des plus grandes crises sécuritaires de son existence, la mise en place d’institutions, qui pourront vite être dans l’illégalité, s’il n’y a pas d’élection, remettra le pays dans un chaos dont nous n’avons pas besoin. Chers compatriotes, il est temps de voir les réalités en face et de nous assumer. Ensemble, depuis le 22 mars, nous avons décidé de voir la réalité profonde de ce qu’est le Mali d’aujourd’hui.

Un Mali malade dans son âme profonde, avec une gouvernance médiocre et des responsables qui ont trahi. A cet effet, nous invitons l’ensemble de la classe politique et les acteurs de la société civile à se faire représenter sans exception aucune à une convention nationale qui débutera le jeudi 5 avril 2012. Pour qu’en Maliens, nous décidions de ce qui fera le bien de ce pays de façon consensuelle et démocratique, en toute liberté. Les conclusions de cette convention seront acceptées par tous afin de mettre un terme aux considérations de politique interne, et faire vite face au défi majeur, c’est-à-dire le défi de la sécurité au nord du Mali, de l’intégrité territoriale.

Si cette convention décidait que l’intérêt du peuple malien, l’unité nationale de la République du Mali, la cohésion entre les composantes de notre peuple, exigeait une solution spécifique, nous en tirerons toutes les conséquences car seul le Mali compte. Nous vous invitons à ne pas céder à la panique, car le Mali vit ce qu’il ne mérite pas et c’est vous et vous seuls qui pouvez abréger cela, en montrant de façon consensuelle à toutes les opinions vos vœux, la démarche souhaitée par une majorité pour un Mali meilleur.

Nous osons espérer que nos pairs de la CEDEAO prendront acte des décisions et conclusions de la convention nationale afin de libérer le pays de l’impasse actuelle pour qu’ensemble, en Africains, nous unissions nos efforts pour sauver des fils d’Afrique qui de façon ostensible en n’ont plus que jamais besoin. Enfin, compte tenu des éléments dont nous disposons, Monsieur Amadou Toumani Touré pourrait être l’objet de poursuites judiciaires pour haute trahison et malversation financière. Son dossier sera transmis aux autorités compétentes pour donner la suite appropriée ».

Mercredi 4 avril 2012, par La Rédaction

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